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Fête | Saint-Jean

La sécurité mine l’achalandage

Les commerçants et les fêtards déplorent aussi le manque d’ambiance

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Photo Annie T. Roussel Les fêtards ont dû passer au travers de nombreuses barrières de sécurité afin d’accéder aux zones festives.

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Malgré la belle température, la veille de la Saint-Jean-Baptiste 2012 n’a pas battu un record de foule à Québec et l’absence d’ambiance qui régnait dans les rues s’explique, selon plusieurs, par la sécurité très accrue et les menaces de casse.

Points de contrôles routiers, fouilles des sacs et fouilles corporelles... Des dizaines de policiers en service et la sécurité étaient au rendez-vous à Québec, samedi soir.

À toutes les entrées du périmètre permettant d’accéder aux zones festives de la Saint-Jean, tout le monde devait subir plusieurs vérifications. Rien n’avait été laissé au hasard afin que ni alcool, ni objet dangereux ne puissent pénétrer dans la zone sécurisée.

Réactions mitigées

Les réactions à ces vérifications étaient mitigées, certains trouvaient ça amusant, d’autres étaient carrément insultés. « Ce n’est pas vraiment plaisant, mais pour la sécurité, c’est peut-être mieux ainsi », a mentionné Marie-Pierre Bédard, une participante à la fête.

À l’intérieur de la zone sécurisée, les bouteilles, les parapluies, les casseroles et les drapeaux munis d’un bâton n’étaient pas permis, ce qui a donné lieu à plusieurs scènes d’incompréhension. Un citoyen a même décidé de quitter la fête parce qu’il ne pouvait se rendre au spectacle avec son drapeau fleurdelisé.

Cette surveillance accrue a semblé freiner les ardeurs des fêtards, car les zones festives se sont bien peu remplies. « Habituellement, on reste jusqu’à 2 h du matin, mais cette année, il n’y a personne et il n’y a pas d’ambiance. C’était vraiment mieux avant », a souligné le citoyen Michael Brown qui a quitté le site vers 22 h accompagné de sa femme.

Le maire ravi

Malgré la baisse de l’achalandage, le maire de Québec, Régis Labeaume, est satisfait. « On a passé le test, mais c’est certain qu’il y a eu moins de monde. »

« On a des amis qui se promettaient de faire du grabuge cette semaine, alors il y a un paquet de personnes qui sont restées chez eux », a calculé M. Labeaume. « Ceux qui n’aimaient pas la formule de l’an passé ne sont pas revenus, et c’était un peu l’objectif. » Toutefois, le maire pense qu’à la longue ,les gens reviendront fêter sans beuverie.

Les commerçants partagés

Chez les commerçants de la Grande Allée, le bilan est partagé. « Une Saint-Jean sans grabuge, sans manifestants et... sans party », a expliqué Samuel Lapierre le gérant du Dagobert. « Un samedi normal est meilleur, toutes les conditions étaient là, mais avec toutes les barrières, c’est un flop. »

Autre son de cloche au Savini. « Pour nous, c’était extraordinaire, parce que le monde fêtait tout simplement », a répliqué le propriétaire du Restaurant, James Monti. « La sécurité, c’est le prix à payer pour le moment, mais à long terme, ça sera positif », croit-il.

 

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