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Evans sait gagner

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Bradley Wiggins veut devenir le premier Britannique en 100 ans à remporter le Tour de France, mais l’Australien Cadel Evans trouvera une façon de lui voler la victoire à Paris.

En l’absence d’Alberto Contador et d’Andy Schleck, les aspirants seront beaucoup plus nombreux en 2012 et la course s’annonce plus ouverte. Un face-à-face entre deux Anglos, de quoi déplaire aux Français.

Denis Menchov, Frank Schleck, Vincenzo Nibali, Samuel Sanchez, Robert Gesink et Ryder Hesjedal ont aussi des objectifs très élevés sur cette 99e édition longue de 3 497 km.

Les conditions sont réunies pour Wiggins. Le tracé avec plus de 100 km de contre-la-montre le favorise peut-être, mais la patience, la lucidité et le calme de Cadel Evans lui permettront de construire lentement son second sacre d’ici au 22 juillet.

Fin stratège

Ses 35 ans ne seront pas un poids en montagne. Les deux étapes dans les Alpes et les trois autres dans les Pyrénées feront beaucoup de dégâts parmi ses adversaires.

Fin stratège, Cadel a appris comment gagner le Tour : avec confiance et intelligence jusqu’aux Champs-Élysées. Sur le prologue de 6,4 km à Liège, en Belgique, Wiggins voudra quand même s’assurer d’un avantage psychologique aujourd’hui. Après sa défaite au contre-la-montre du Critérium du Dauphiné, Evans a compris que sa préparation était incomplète.

Avec Philippe Gilbert et Georges Hincapie, qui battra le record de participation avec son 17e Tour de France, les équipiers de la BMC formeront également une unité plus solide autour du leader australien.

Chez Sky, les sprints du champion du monde Mark Cavendish pourraient éloigner les soldats de l’objectif principal. L’équipe peut-elle viser à la fois le maillot vert et la victoire de Wiggins?

Les prédictions peuvent être déjouées et tant mieux si un autre ténor sort du lot des favoris. Menchov pourrait surprendre. Il joue l’une de ses dernières chances. Sans son frère, Schleck demeure le point d’interrogation. Un top cinq et une étape de montagne seraient plus plausibles. Il n’a pas la mentalité d’un gagnant.

Bientôt un Québécois

Oubliez le Canadien Hesjedal. Il fera belle figure, mais le cyclisme moderne ne permet pas d’être au sommet de sa forme en mai et en juillet coup sur coup. Et puis, sa saison est déjà une réussite. Espérons qu’il a joyeusement célébré son GIRO pendant le dernier mois. Sa puissante formation Garmin luttera avec les Liguigas de Nibali, Basso et surtout Peter Sagan. Ce dernier devrait gagner sa première étape sur le Tour à 22 ans.

Les pauvres Français qui n’ont pas gagné le Tour depuis 1985 attendront une année de plus. Thomas Voeckler et Pierre Rolland ne répéteront pas leurs exploits de 2011. Les meilleures chances reposent donc sur Sylvain Chavanel.

Enfin, le jour est proche où un Québécois fera son entrée sur le Tour. David Veilleux a été ignoré, mais aucun autre n’a jamais été si près du but. Il devra encore progresser pour être meilleur que la meute de Français. À talent égal, les Européens font ce que le Canadien de Montréal ne fait pas : choisir un coureur « local ». À court terme, il pourrait bien avoir de la compagnie. L’âge joue contre Dominique Rollin, mais de jeunes loups comme David Boily et Hugo Houle frapperont à la porte sous peu.

Fabian Cancellara en jaune samedi soir?

 

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