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Fidèle au chef

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Chris Froome est demeuré loyal et fidèle au chef jusqu’au bout. La situation semble terriblement ridicule mais une bataille inter-équipe aurait mis en péril la victoire finale, seul objectif de la formation Sky.

Le leader désigné n’était peut-être seulement pas le bon. Aucune circonstance particulière n’a forcé le directeur sportif Sean Yates à modifier sa stratégie. Son choix lui donnera raison à Paris demain. À moins d’une catastrophe, ses chevaux grimperont sur les deux premières marches du podium.

Pour la seconde fois jeudi, Froome a été contraint d’attendre Wiggins alors qu’il pouvait rejoindre Valverde et remporter l’étape pyrénéenne. En regardant le film, le vainqueur de la Movistar dira secrètement merci à Froome. Une main sur le guidon, l’Anglais regardait derrière en diminuant la cadence pour ne pas distancer son leader.

Goût amer

Cette image jette un peu de controverse et laisse un goût amer mais Froome n’avait pas la liberté de penser à ses intérêts personnels. Au sein d’une équipe, on ne peut que défendre un maillot jaune, jamais le défier.

Dans ces deux épisodes de sacrifice en montagne, combien de temps aurait-il pu prendre à Wiggins? On ne le saura jamais. Ce sont plutôt les adversaires qui n’ont pas été suffisamment menaçants pour favoriser l’émancipation de Froome.

« Il a été un super-équipier pendant tout ce Tour. Je suis sûr qu’un jour il gagnera le Tour, et je serai derrière lui pour qu’il y arrive », a dit Wiggins il y a quelques heures à peine. Je ne crois pas beaucoup à cet improbable retour d’ascenseur.

Malgré un contrat valide jusqu’en 2013 avec l’équipe britannique, Froome subira des pressions énormes pour endosser un autre maillot. Ses longs bras maigres et ses coudes croches pointant vers l’extérieur seront en demande partout. Wiggins possède aussi une entente avec Sky en 2013.

Point d’honneur

Pour faire taire les critiques, Wiggins se fera assurément un point d’honneur de le battre au contre-la-montre aujourd’hui. Voilà le seul intérêt du jour avant les Champs-Élysées puisque Tony Martin et Fabian Cancellara préparent déjà les Jeux olympiques.

Les analystes n’ont pas manqué de souligner que les deux derniers coéquipiers qui ont terminé en tête du classement étaient Bjarne Riis et Jan Ullrich, pris dans l’engrenage du dopage. Sur ce sujet inéluctable, plus de coureurs sont déclarés positifs parce que les contrôles sont plus performants et plus nombreux qu’avant.

Le médecin du sport Jean-Pierre de Mondenard disait « la compétition génère le dopage. Ce n’est pas seulement une histoire de cyclisme ou de sport, mais bien une histoire d’homme face à la compétition. »

Parmi les autres moments marquants de cette édition un peu moche, il faut noter la trop grande puissance de Peter Sagan et Thibaut Pinot. À 22 ans, les deux coqs roulent trop vite pour leur jeune âge.

Sur le podium

Le plus bel exploit revient à Thomas Voeckler, un champion charismatique qui voulait imiter Richard Virenque quinze ans plus tard. Il n’a pas volé son maillot à pois, une tunique distinctive d’une valeur inestimable dans le milieu. Voeckler représente ce que le cyclisme devrait toujours être : un sport où les attaques finissent toujours par être payantes.

L’année dernière, après un Tour extraordinaire, le Français n’avait pu goûter aux joies du podium à Paris en terminant quatrième du général. Il aura droit à quelques minutes de gloire bien méritée demain.

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