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Vers Londres

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Vivement les Jeux olympiques de Londres après un Tour de France fade qui aura laissé plusieurs fans sur leur appétit.

N’en déplaise à Bradley Wiggins, sa victoire historique pour les Anglais n’avait rien de spectaculaire. Ce ne sont pas seulement des conneries de journaliste comme le nouveau champion a osé l’affirmer samedi.

Le Britannique offusqué n’a pas compris les critiques. Il n’a pas moins de mérite qu’un autre vainqueur. Il n’a pas volé son titre. Une écrasante domination n’est jamais agréable pour le public. Le fan de cyclisme veut des moments excitants et ceux-ci ont été plutôt rares.

Un match de tennis qui se termine 6-0, 6-0 provoque le même effet, comme une finale de coupe Stanley liquidée rapidement en quatre matchs avec trois buts d’écart à chaque fois. Quelques-unes des sept victoires de Lance Armstrong n’étaient pas plus élégantes. Trop de faits saillants de cette édition 2012 étaient aussi prévisibles.

Le cyclisme professionnel se cherche quelques vedettes sympathiques comme Thomas Voeckler. Ce n’est pas Wiggins qui soulèvera les passions. Même Cadel Evans, l’homme au masque de fer, paraît plus charismatique.

Un doublé anglais

Wiggins n’est pas un mal-aimé du vélo comme Jean Charest peut l’être en politique, mais le membership de son club de supporteurs n’est pas très élevé en dehors de la Grande-Bretagne.

Le maillot jaune s’est également surpassé dans une déclaration à la fois ridicule et ironique.

«Le Tour est devenu beaucoup plus humain.»

Une célèbre expression de Richard Virenque est demeurée dans le langage populaire en Europe « J’ai été dopé à l’insu de mon plein gré », avait-il dit sans rire.

Sans insinuer quoi que ce soit à l’égard de Wiggins, le Tour n’a pas changé. La Grande Boucle et ses performances ne sont pas plus humaines que ne le sera le champion olympique du 100 mètres à Londres. La planète entière serait déçue si le roi du sprint remportait l’épreuve en 10,21 secondes. Nous sommes tous un peu coupables.

Le cyclisme aux Jeux pourrait être une copie du Tour actuel, c’est-à-dire avec trop peu de surprises. Dans moins d’une semaine, Mark Cavendish et Bradley Wiggins veulent conquérir l’or dans leur propre pays. Leurs chances sont excellentes.

Je suivrai attentivement Clara Hugues, une athlète d’exception, et Joëlle Numainville, une Montréalaise capable de faire un coup d’éclat.

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