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Il n'y a pas de petites tâches à bord

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À bord du voilier OCÉAN PHÉNIX, il y a 12 personnes qui y vivent pour plus ou moins une quinzaine de jours. Le feu roulant d’une journée se compose bien évidemment de la navigation et des manœuvres qui s’y rattachent, mais aussi des multiples tâches répétitives du quotidien.

Nourrir un groupe de 12 personnes signifie une quantité de bouffe astronomique, mais tout de même gastronomique, une quantité phénoménale de rebuts et des histoires de tous genres, racontables ou non racontables. Comme dans le vestiaire des joueurs de hockey, tout ce qui se dit sur l’OCÉAN PHÉNIX doit rester sur le voilier. Ah! J’oubliais que maintenant qu’ils ont tous leurs bébelles électroniques telles que iPhone, iPad et BlackBerry (pour ne nommer que celles-là), ils peuvent ainsi communiquer en temps réel nos bons coups et nos déboires aux parents et amis ainsi qu’aux différents médias sociaux. Ça devient presque risible de les voir pitonner, se concentrer sur l’écran de leur ordinateur aussitôt leur quart de travail terminé ou ignorer ce qu’on leur dit du fait qu’ils sont branchés sur leur musique.

Le bordel

S’il fait beau et chaud, c’est vite fait, et bien fait. Par contre, s’il pleut, c’est le bordel. Il y a tous les habits de pluie, les bottes, les ceintures, les longes et les harnais à ranger au bon endroit. Ça dégouline de partout. L’endroit ressemble à un pourtour de piscine. Attention! Voilà Philippe qui arrive comme un joueur de curling avec sa mop et qui assèche le tout en un tour de main, d’où lui vient son nom de « moppologiste »!

La nuit est obscure, le brouillard et la bruine détrempent nos valeureux équipiers qui attendent impatiemment la fin de leur quart. Le voilier file à bonne vitesse, fend la vague et soulève des embruns qui viennent doucher pour une dernière fois les équipiers qui espèrent la relève qui se fait attendre! Le café, le thé vert ou le chocolat chaud sont servis selon le choix des équipiers du quart entrant. Puis, les équipiers exténués qui terminent leur quart sont bien heureux de laisser leur place aux cinq autres, satisfaits de reprendre en main le voilier qui se comporte bien.

Le calme revient en moins de cinq minutes. Je regarde tout autour, c’est la désolation. Ça traîne en grand, il va falloir y mettre bon ordre. Il y a des serviettes, des cannettes, des plats à soupe, tout ça pêle-mêle; il nous faudrait une table plus grande. Certains sont plus conscients qu’il faut constamment participer au nettoyage et au ramassage. Ceux-ci se chargent de jeter les rebuts dans les poubelles de la cuisine. Oh! Je crois qu’ils viennent de faire une petite erreur; Sonia met un terme à ce genre de ménage, elle leur remet trois sacs : un pour le plastique, un pour les cannettes, un autre pour le papier et elle se charge du compostage (déchets de cuisine). En plus, elle ajoute au babillard la « chronique à Ti-Mé » pour la saine gestion des déchets. Il y a déjà quelques années, lors de grandes courses, j’affichais fièrement le sigle « skipper propre », alors je sais où elle veut en venir. Par contre, ces fois-là, j’étais seul à bord; maintenant, il faut conscientiser les 12 matelots!

Lieu de rencontre

Il ne faut pas oublier le lieu de rencontre fréquenté par tous, mais à différents degrés, où seuls les plus vaillants se présentent tous les jours et à plusieurs reprises; je parle ici du coin lavage de vaisselle. La méthode retenue est assez simple, il s’agit de bien manipuler la lavette et l’eau salée qui se trouve à profusion autour de nous, car il nous faut ménager l’eau douce. Comme vous le découvrez, il faut posséder plus qu’un talent de marin pour vivre dans notre microsociété composée de 12 personnes habitant un navire de 65 pieds, car on dit souvent qu’en mer, un bateau rétrécit d’un pied par jour!

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