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FLEURS ET JARDINS

L’agrile du frêne

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Ces derniers temps, on entend abondamment parler de l’agrile du frêne dans les médias québécois. Aux dires de certains, cet insecte pourrait littéralement détruire nos forêts et nos parcs. Quelques spécialistes parlent même d’hécatombe anticipée. Qu’en est-il vraiment ? Vivrons-nous la même situation qu’avec les ormes d’Amérique, qui ont été décimés par la graphiose dans les années 1960 et 1970 ? À ce stade-ci personne ne peut le prévoir. Mais il y a fort à parier que nous limiterons les dégâts grâce à nos efforts collectifs de prévention.

Identification

Tout d’abord, commençons par identifier l’insecte qui fait tant parler de lui ces jours-ci. L’agrile du frêne adulte est un coléoptère originaire d’Asie, de couleur vert métallique et mesurant environ 8 mm de longueur. Son corps étroit et allongé se termine par une tête aplatie portant de grands yeux noirs. La larve possède un corps blanc se composant de segments en forme de cloche et peut atteindre jusqu’à 30 mm de longueur. Cet insecte s’attaque à toutes les espèces de frênes (Fraxinus), mais il n’affecte pas les autres essences d’arbres comme les érables ou les chênes. L’adulte pond ses œufs dans des anfractuosités de l’écorce ou sous des écailles d’écorce, profitant aussi souvent d’une cavité ou d’une plaie sur le tronc. La larve creuse ensuite des galeries en serpentin (en forme de s) en dévorant le cambium, une partie située juste sous l’écorce dans laquelle circule la sève. Les frênes infestés meurent généralement en deux à cinq ans.

Signes

Les signes d’infestation par l’agrile du frêne se manifestent généralement lorsque les arbres sont gravement attaqués. Les signes sont habituellement une chlorose du feuillage – c’est-à-dire un pâlissement ou un jaunissement des feuilles – ainsi qu’un dégarnissement et un dépérissement de la cime. Au fur et à mesure que l’infestation progresse, des drageons peuvent se former sur les racines ou à la base du tronc des arbres. Cependant, la cime continue de dépérir et l’arbre finit par mourir. Les coléoptères adultes émergent généralement de l’arbre en mai, en créant pour sortir des petits trous en forme de D. Les pics peuvent également percer des trous sur le tronc des frênes afin de se nourrir des larves. Les agriles adultes s’envolent ensuite vers d’autres frênes et s’alimentent des feuilles jusqu’à ce qu’ils pondent leurs œufs.

Au stade d’adulte, l’agrile du frêne a la capacité de voler sur une distance pouvant atteindre quelques kilomètres. Toutefois, lorsque la nourriture est abondante, l’insecte n’a pas tendance à se déplacer. Attention ! Cet insecte peut survivre dans le bois d’un arbre déjà abattu et coupé. Les sources de dispersion de l’agrile les plus courantes sont : le transport du bois de chauffage, le transport de jeunes arbres de pépinière et l’utilisation de palettes de bois pour le transport de marchandises. C’est d’ailleurs fort probablement par le biais de marchandises transportées sur palettes provenant d’Asie que l’agrile du frêne a été introduit en Amérique du Nord.

Prévention

Les frênes représentent, en moyenne, 20 % des arbres de rue de la ville Montréal. À ce nombre, on peut ajouter les milliers de frênes dans les différents parcs de la ville. Comme l’agrile a causé la perte de plus de 20 millions de frênes en Amérique du Nord depuis le début des années 2000, les autorités de la ville de Montréal prennent les devants et ont mis en place un vaste programme de prévention en injectant un insecticide – un produit appelé TreeAzin à base d’huile de margousier – aux frênes situés dans les zones où l’agrile a commencé à faire des ravages. L’huile de margousier, aussi appelée huile de neem, est un insecticide à faible impact environnemental sans danger pour la santé humaine et les organismes vivants non ciblés. Il a d’ailleurs été homologué comme bio-insecticide par l’EPA aux États-Unis. Cet insecticide, introduit à la base des frênes par injection, a une efficacité qui s’étend sur deux années.

Cependant, il n’existe aucun traitement curatif efficace contre l’agrile du frêne. Lorsqu’un arbre est attaqué par cet insecte, il est préférable de l’abattre et d’extraire sa souche du sol. Attention ! Avant de tailler ou d’abattre un frêne sur votre terrain, que vous croyez être atteint par l’agrile, il est impératif de contacter un arboriculteur professionnel (rendez vous sur le site de la Société d’arboriculture internationale – Québec à l’adresse siaq.org) qui viendra s’assurer que l’arbre en question est bien un frêne et qu’il est bel et bien affecté par l’agrile. Ce dernier vous indiquera ensuite quelles sont les mesures à prendre. Pour ce qui est des frênes plantés au bord des rues et dans les parcs, il faut alors contacter les autorités de votre municipalité ou l’ACIA (Agence canadienne d’inspection des aliments – www.inspection.gc.ca) si vous croyez qu’ils sont affectés par l’agrile. Sur l’île de Montréal, en présence de frênes montrant des signes de dépérissement le long des rues ou dans les parcs, les citoyens peuvent contacter le réseau Accès Montréal, en composant le 311.


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