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Canoë

Sur les traces de son père, ses oncles et son grand-père

Mark Oldershaw
Photo Francisco Leong / AFP Mark Oldershaw

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ETON DORNEY, Angleterre – Au moment où il s’attaquait à l’épreuve du 1000 mètres canoë, bien installé à la droite de son embarcation, Mark Oldershaw n’a eu ni le temps ni l’énergie pour y penser.

Cependant, le Canadien pouvait compter sur plusieurs membres de sa famille pour chérir le moment et comprendre la signification de son exploit, lui qui s’est qualifié lundi matin pour une finale olympique.

Son père Scott est son entraîneur, ainsi que celui du kayakiste vedette Adam van Koeverden. Deux de ses oncles ont participé à des Olympiades. Et il ne faut pas oublier le patriarche, son grand-père Bert.

Dans l’ombre de son père, Oldershaw a parlé de son historique familial et de ce qu’il a accompli 64 ans après que le conte eut pris son envol.

«De réaliser ça, ici à Londres, où tout a commencé avec mon grand-père, est très spécial, a-t-il déclaré. C’est une belle sensation de revoir notre nom en finale. Il [Bert] a entamé la tradition familiale aux Jeux olympiques de Londres en 1948. C’est vraiment incroyable. Toute ma famille s’est ralliée autour de cet accomplissement et tout le monde démontre beaucoup de support, tout en célébrant l’exploit.»

Oldershaw a certainement profité du moment lundi matin à plusieurs points de vue. Tout d’abord, son grand-père et lui sont les deux seuls membres de la famille à s'être qualifiés pour une finale olympique. Et le plus important : il a surmonté une expérience traumatisante, puisqu’il y a quatre ans, la nervosité l’avait empêché de bien faire à ses premières Olympiades, à Pékin.

Cette fois, il a fait preuve d’une plus grande force mentale et a terminé deuxième de sa demi-finale pour accéder à la course ultime, où il bataillera pour l’obtention d’une médaille.

«Je me sens très bien. J’étais un peu nerveux à l’idée de ne pas être en mesure de me qualifier pour la finale encore une fois, et ainsi décevoir beaucoup de gens. Toutefois, je me suis concentré sur ma course, parce que je savais que j’étais aussi rapide, sinon plus rapide que tous les autres gars. Si je fais bien les choses et que je ne panique pas, tout ira bien.»

Après Pékin, Oldershaw avait admis qu’il s’était battu lui-même, notamment parce que son excellente condition physique laissait croire qu’il devait atteindre la finale. Certains athlètes savourent leurs premiers Jeux, alors que d’autres éprouvent des difficultés.

«Je me suis arrêté pour réfléchir et j’ai réalisé à quel point ne pas faire la finale en Chine était aussi significatif pour moi. Comment cela m’a-t-il perturbé? Comment je pouvais accorder autant d’importance au bonheur que pouvait me procurer une course? Je ne pense que c’était sain et je ne crois pas que ça m’aidait à performer.»

«J’adore le canoë. Mais en même temps, je dois trouver un équilibre dans ma vie et ne pas résumer celle-ci à une course. J’ai pris tout l’automne [pour m’en remettre].»

À l’époque, ce n’était pas beau à Pékin pour le Canadien. Les habiletés et le talent d’Oldershaw ont été étouffés par la panique.

«Chaque fois que vous éprouvez une grande nervosité, vous muscles en sont affectés, a indiqué Scott Oldershaw. Vous êtes tendus et la panique a un petit effet sur chaque coup que vous donnez. Avec autant de coups dans une seule course, c’est un énorme impact.»

«Une finale olympique, c’est une grosse affaire. Il a échoué à Pékin et ça l’a suivi. Mais la pression est maintenant chose du passé et je pense qu’il performera mieux.»

Ainsi, peut-être que Mark écrira la plus belle page de l’histoire olympique de la famille Oldershaw, mercredi matin, lors de la finale.

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