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Henri Vernes – Bob Morane au Québec

Toujours l’aventure...à 93 ans

La porte ouverte
Photo Courtoisie

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Lorsqu’il a écrit la première aventure de Bob Morane, en 1953, pour la collection de poche « Marabout Junior », Henri Vernes n’avait pas idée que son héros allait connaître un succès fulgurant. Ni qu’il allait imaginer plus de 200 aventures pendant plus d’un demi-siècle. Et encore moins que trois d’entre elles allaient être publiées au Québec, en 2012, chez Perro Éditeur.

« J’en ai écrit un, puis deux, puis trois... et puis, j’en ai écrit 200! Mais, au départ, je croyais que c’était simplement un premier. Et puis ça a continué... Et je n’y puis rien : ça m’a un peu dépassé! » commente, d’excellente humeur, le brillant écrivain né le 16 octobre 1918.

« J’ai toujours écrit un bouquin tous les deux mois, puis j’en faisais six par an. Disons que je mettais environ un mois pour faire un Bob Morane », ajoute-t-il. Une cadence infernale. « J’étais pris par le temps. Il fallait absolument que ça sorte. Et c’est en réalité la fréquence de la parution qui a donné du succès au personnage parce que le lecteur n’avait pas le temps de l’oublier. »

Henri Vernes n’a jamais été en panne d’inspiration. « En panne de courage, oui... », avoue-t-il en riant. « Mais en panne d’inspiration, pas vraiment. »

Après la Guerre

À son avis, Bob Morane est arrivé à temps pour les lecteurs qui sortaient à peine de la Seconde Guerre mondiale. « Les gens avaient besoin de voir du pays, de se changer les esprits, de vivre l’aventure, surtout chez nous, ici, en Europe. Chez vous, vous n’étiez pas occupés par les Allemands mais nous, on avait été occupés pendant quatre ans. On avait besoin un peu de respirer un autre air. »

Sortir d’un conflit transparaît également dans le roman. « Bob Morane est un ancien pilote de la RAF (Royal Air Force). C’était le point de départ. Évidemment, il y avait à ce moment tout le contexte de la guerre. C’était l’époque où on se souvenait de la bataille d’Angleterre. Les aviateurs étaient des héros. Bob Morane a été mis dans cette ambiance-là, bien sûr, et c’était volontaire. Les pilotes ont toujours été un petit peu auréolés d’une gloire parce qu’ils mouraient en plein ciel. »

Les Ombre jaune, ses préférés

Henri Vernes a ses préférées dans les 200 aventures de Bob Morane qu’il a imaginées. « La moitié des Ombre jaune, à mon avis, sont les meilleurs Bob Morane. Parce qu’il y a beaucoup d’aventures, parce que c’est fantastique, parce que le méchant est très méchant et je crois que c’est important. Vous savez, il y en a, quand on les écrit, on est mieux tourné, l’imagination marche mieux, le bouquin est meilleur. Il y en a certains qu’on termine parce qu’il faut bien, hein! »

Un homme sportif

Bob Morane est un expert en maniement d’armes et en arts martiaux : le judo, le karaté et le jiu-jitsu n’ont aucun secret pour lui. Or, Henri Vernes était lui aussi un sportif. « J’ai toujours fait du sport : j’ai fait de la boxe, du jiu-jitsu, de l’aviron, du tennis. Maintenant, évidemment, je fais surtout du vélo d’appartement. Et j’ai toujours voyagé. J’ai eu une vie assez mouvementée. Moins que celle de Bob Morane, bien sûr... mais j’ai pris la vie un peu comme Bob Morane la prend, c’est-à-dire un peu au jour le jour. »

Souvenirs du Québec

Dans les années 60, Henri Vernes a visité le Québec. « Je suis allé à Manic 1, puis jusqu’à Manic 5, tout en haut, sur la Manicouagan. J’en ai un excellent souvenir. J’ai même voyagé avec un chef indien! » Il a goûté au froid puisque c’était encore l’hiver, sur la Côte-Nord, quand il y est allé.

Lorsqu’on lui a proposé d’être réédité au Québec, l’écrivain était tout à fait enchanté. « Le Québec est un pays que j’adore. Je considère que les Québécois – et les Québécoises – sont peut-être le peuple le plus gentil au monde. C’est des gens que j’aime beaucoup. Et les trois aventures qui se passent au Québec sont très palpitantes. »

Lorsqu’il s’est arrêté à Montréal, Henri Vernes n’a pas manqué d’assister à un match de hockey. Au Forum. On retrouve d’ailleurs ses impressions dans Terreur à la Manicouagan. « J’ai assisté à un match du Canadien de Montréal contre les Maple Leafs de Toronto. Et je me souviens que cette année-là, tous les soirs, dans ma chambre d’hôtel, je regardais les matchs de hockey. J’aimais beaucoup, beaucoup, beaucoup! »

 

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