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Patrick Senécal — Malphas 2 : torture, luxure et lecture

Cours de démonlogie 101

patrick sénécal
Photo d'archives, Agence QMI

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Dans le deuxième tome de la série de thrillers fantastiques noirs présentant le quotidien du cégep le plus bizarre du Québec – Malphas 2 : torture, luxure et lecture, Patrick Senécal présente une galerie de personnages qui en feront voir de toutes les couleurs à son héros, Julien Sarkozy. C’est déchaîné, décapant et d’un humour noir... corbeau.

Dans Le cas des casiers carnassiers, le premier tome, le lecteur était accueilli à Saint-Trailouin, où il découvrait des personnages caricaturaux, avec en tête Julien Sarkozy, un prof de littérature déjanté, prêt pour sa première session. Le deuxième tome commence après la première semaine de la session d’automne et dévoile ce qui arrive à certains membres du club de lecture.

Patrick Senécal s’en donne à cœur joie dans cette histoire, où il associe avec une habileté effrayante l’horreur et l’humour. « C’est la continuité du premier tome. On peut donner encore plus d’indices sur le mystère du cégep et à la fin du deuxième tome, on en sait un peu plus. Mais il y a encore pas mal de zones d’ombres! », indique-t-il en entrevue téléphonique, quelques minutes avant le lancement de Malphas.

Hommages

Il fait un bel hommage à la littérature – et à Alfred Hitchcock – dans ce deuxième tome. « Julien Sarkozy, c’est un prof de littérature qui aime la littérature. Je pourfends beaucoup, dans cette série, les jeunes qui n’ont pas de culture, qui n’aiment pas la culture et qui trouvent ça poche. Tous les auteurs que je nomme sont des auteurs que j’ai lus et que j’ai appréciés. Il y a un hommage à la littérature même s’il y a de l’horreur, de l’humour et que ça ne se prend pas au sérieux. Moi, j’aime les livres et je voulais que ça transparaisse malgré tout. Ça montre à quel point la lecture peut nous transformer. Mais ça continue d’être un thriller humoristique, horrifique, dans lequel je m’amuse avec les codes du genre, dans lequel je profite aussi allègrement de mon personnage principal pour critiquer un paquet de choses et donner mon opinion sur bien des choses qui m’agacent en ce bas monde. Je me paye la traite! »

C’est aussi une traite de le lire et on se bidonne à chaque page, avec des jeux de mots, un style alerte, des remarques au coin du bon sens et des scènes absurdes, complètement délirantes. « Mes amis qui me connaissent ne sont pas surpris parce que c’est vraiment le genre d’humour que j’ai dans la vraie vie. Ceux qui connaissent surtout mes livres précédents peuvent être assez étonnés de cet aspect de moi! ».

Tout son univers est extrêmement cohérent. « On a beau parler de démons, de sorcellerie... et d’avoir des personnages « fuckés » et grotesques, il faut que tout ça tienne debout quand même. Je me livre un peu au même exercice que je m’étais livré dans Alyss : c’était moins drôle, mais aussi « flyé ». Et ce n’est pas parce que quelque chose est absurde et fou que ce doit être n’importe quoi. Il faut qu’on croie à cette logique malgré l’absurdité et qu’on ait envie de découvrir ce qui se passe. » Et de découvrir qu’est-ce qui se passe derrière la mystérieuse porte de fer de Malphas. Et ce qu’il y a dans une certaine caverne. Et de quoi est morte la mère de la sorcière Mélusine Fudd, un personnage absolument savoureux, dans son genre.

Le goût de s’amuser

Patrick Senécal ne sait pas trop où il va pêcher ses idées, associées avec l’univers de la sorcellerie et de la démonologie, dans le cadre « rassurant » d’un bon vieux cégep. « C’est bien ludique, quand j’écris ces romans. Et j’avais besoin d’avoir du fun après avoir écrit des livres plus dark. J’avais besoin de m’éclater parce que c’est une partie de moi qui existe, que je n’avais pas beaucoup explorée dans mes romans, mais que tous mes amis connaissent. Je sais que j’ai cette facilité à trouver des affaires « flyées », mais je me demandais si j’étais capable de le faire dans un univers cohérent, dans une série, avec des vrais personnages. C’est pour ça que je l’ai essayé. Je ne me contenterai pas de faire quelque chose qu’on a vu mille fois. »

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