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Dur dur la rentrée

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Les demandes d’aide provenant des familles dans le besoin lors de la rentrée scolaire ont augmenté de 100 % depuis trois ans. Cette année, 2 237 enfants de partout au Québec recevront un coup de pouce de la Fondation Maman Dion.

Entre les années 2009-2011 dans la Vieille Capitale, 1 071 demandes ont été reçues; de ce ­nombre 461 ont été acceptées, ce qui fait en sorte que 57 % des demandes ont été refusées. Du côté de la région de Chaudière–Appalaches, 884 personnes ont demandé de l’aide et 339 demandes ont été reçues positivement, plus de 60 % des demandeurs ont donc dû faire le deuil de leurs requêtes.

À Montréal, la situation est encore plus problématique : la Fondation a dû refuser près de 80 % des 3 443 demandes reçues.

Manque de fonds

Ces chiffres inquiètent la gestionnaire des ­communications de la Fondation Maman Dion, Geneviève Éthier, car un enfant sur quatre au Québec est issu d’un milieu défavorisé et l’organisme ne peut accepter toutes les demandes par manque de fonds.

« Nous voulons aider le plus d’enfants possible, mais nous ne pouvons pas inventer des sous. Il faut que les régions soient proactives en organisant des levées de fonds, car si elles ne font qu’attendre après le gros chèque, les agglomérations seront sans doute déçues. »

Même si la période d’inscription s’étend de janvier à avril, Mme Éthier mentionne que le téléphone ne dérougit pas à l’approche de la rentrée des classes, car beaucoup de familles aimeraient recevoir un soutien financier.

L’appui de la Fondation représente un montant d’environ 475 $ par enfant, une somme servant à leur fournir des vêtements, des articles scolaire ou des verres correcteurs au besoin.

Proposition contestée

L’organisme se questionne sur la proposition du gouvernement libéral d’accorder une allocation de 100 $ par famille pour les effets scolaires, peu importe le revenu familial.

« Une famille qui gagne 300 000 $ recevrait ce montant. On devrait se concentrer sur les familles qui en ont vraiment besoin », affirme Geneviève Éthier.

La responsable des événements à la Société Saint-Vincent-de-Paul, Nathalie Couture, abonde dans le même sens.

« Les assistés sociaux ont de la difficulté à ­joindre les deux bouts lors de cette période de ­l’année. Il faut absolument que l’argent soit donné au moins bien nantis. » Elle ajoute également que la demande est sans cesse grandissante.

De l’argent éparpillé

Le fait d’octroyer une telle somme d’argent par famille inquiète la Fondation Maman Dion, qui croit que certaines personnes pourraient utiliser cet ­argent pour effectuer des achats autres que du ­matériel scolaire.

« C’est vraiment de l’argent lancé dans les airs. Pourquoi l’argent de cette proposition de 40 millions ne va t-elle pas directement aux organismes chargés d’améliorer le sort de nos enfants qui font preuve de transparence dans leur budget? », s’est questionnée la responsable des communications.

Geneviève Éthier se demande également qui va aider les gens en charge de soutenir la rentrée ­scolaire des jeunes. Selon elle, en agissant de cette façon, la facture sera refilée au personnel de direction de l’école, qui est parfois forcé de soutenir les enfants qui n’ont pas les moyens d’avoir tous les outils nécessaires lors de la année scolaire.

« Au bout du compte, je ne serais pas surprise de voir un professeur ou un membre de la direction supporter financièrement un élève. »

Cette situation, selon elle, survient assez ­régulièrement, « car une école ne laissera pas un élève sans le matériel nécessaire ».

Du sport pour contrer le décrochage

Puisque que 32 % des garçons de 20 ans ne possèdent aucun diplôme, il y a urgence d’agir pour améliorer ces statistiques peu reluisantes et inquiétantes, selon deux anciens ministres de l’Éducation.

Les données de l’indicateur de l’éducation qui traitent du système scolaire en fournissant des statistiques notamment sur l’obtention des diplômes préoccupent Paul Gérin-Lajoie et Jean Garon. Ces ­derniers croient que le meilleur moyen de ­diminuer le taux de décrochage scolaire est de rendre les écoles plus attrayantes, en intégrant plus d’activités parascolaires.

Plus actif

« Les sports ont un pouvoir attractif chez les jeunes, tout comme les autres ­activités parascolaires. Ces loisirs permettent aux élèves de faire autre chose que de simplement étudier », a expliqué M. Gérin Lajoie.

Selon lui, il faut continuellement s’attaquer à ce problème, même s’il ne reste qu’un élève en difficulté. « Dans un monde idéal, il n’y aurait plus de décrocheur et ce doit être l’objectif visé par le ministère de l’Éducation. »

Formule concrète

De son côté, Jean Garon, qui avait intégré les stages en milieu scolaire, avait tout de suite vu l’impact d’une formation plus concrète. « Le taux de décrochage a baissé de 25 %, l’année suivante. Les jeunes, en particulier les gars, ne sont pas friands des cours théoriques; il faut plus de cours pratiques. »

D’ailleurs, M. Garon se demande pourquoi le ministère de l’Éducation a changé cette formule qui a connu beaucoup de succès. « Le gouvernement a le nez collé dans la vitre et pense que tout va bien même si ce n’est pas le cas », déplore t-il.

Un dangereux fléau

« Le problème du décrochage chez les moins fortunés ne date pas d’hier. Un enfant qui ne mange pas à sa faim ne sera pas en mesure de demeurer attentif pendant son cours et risque de décrocher. » C’est l’avis de Tom Kulczyk, vice-président de Jeunesse au Soleil, qui juge que des actions doivent être prises rapidement pour ­pallier ce fléau existant depuis belle lurette. Selon lui, Québec devrait mieux encadrer ses jeunes, car la situation pourrait être problématique dans un avenir proche.

« Avec le vieillissement de la population, le Québec aura besoin de main-d’œuvre qualifiée. Si nos jeunes n’ont pas eu la chance d’apprendre un métier, que ferons-nous? » M. Kulczyk trouve malheureux que des adolescents soient mis de côté à cause de leur statut social. Il soutient que le gouvernement doit investir plus d’argent auprès de cette clientèle pour mieux la guider.

« De mon côté, j’éliminerais l’aide sociale pour les moins de 25 ans. Je concentrerais mes efforts pour que les jeunes puissent trouver une niche après l’école en leur faisant apprendre un métier au niveau du diplôme d’études professionnelles. »

Différence

De son côté, Geneviève Éthier, gestionnaire des ­communications à la Fondation Maman Dion, croit que la première impression est très importante à l’école et une élève qui arrive vêtue différemment des autres sera ­étiquetée rapidement par ses camarades.

« Un homme d’affaires n’arrivera pas à sa première journée de travail avec un sac en plastique. » Selon elle, un enfant qui se fait constamment achaler à l’école n’aura plus d’estime de lui-même et par conséquent pourrait quitter les bancs d’école plus tôt que prévu, car sa motivation ne sera plus au rendez-vous.

 

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