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Mélange des genres

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Photo Courtoisie

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Patrick Senécal connaît très bien l’univers du cégep, des réunions de profs, des élèves plus ou moins motivés, puisqu’il y a déjà enseigné. Ce qui lui permet d’exagérer et de créer des scènes débridées, où évoluent des personnages sortis tout droit de freak shows.

« Je trouvais ça l’fun de faire quelque chose de bien « flyé », de bien fou, mais dans un milieu extrêmement cultivé et culturel, où on peut déconner en parlant de grands classiques de la littérature », commente-t-il.

Il ne boude pas la culture populaire pour autant. « Dans la vraie vie, je suis autant capable de lire du Zola que du roman policier contemporain. Je peux regarder un film d’Ingmar Bergman et le lendemain aller voir The Avengers. Je ne me mets pas de barrières dans mes goûts culturels. Je voulais qu’il y ait à Malphas autant de références intellectuelles ou culturelles intéressantes en faisant en même temps de l’humour extrêmement populaire, des fois même grossiers et très vulgaires. Parfois, c’est épique trash. Je ne veux pas me retenir. J’aimais mélanger ces deux mondes parce que moi, je suis comme ça. C’est mon monde. Je peux être complètement épais et imbécile dans un party et, le lendemain soir, être tranquille dans mon salon en train de lire Romain Gary. Pour moi, c’est important, ce mélange. »

Caricature

Patrick Senécal précise que le langage cru et les manières dures de Sarkozy tiennent de la caricature, mais que la mauvaise foi de certains étudiants par rapport à tout ce qui est culturel et relève d’une certaine érudition est très réelle. « C’est de plus en plus dur de convaincre les jeunes qu’avoir une certaine culture générale, ça peut être cool. Et ça, je trouve ça difficile et c’est un peu ça que je veux dénoncer par le biais de certains étudiants de ma série. »

Dès le début du deuxième tome, apparaît un « douchebag » absolument insupportable qui fait sortir Sarkozy de ses gonds. « J’exagère son arrogance vis-à-vis le prof... parce que dire que lire, c’est poche, c’est un peu fort. Mais comme prof, j’ai senti ça, même si les étudiants ne me le disaient pas directement. Je donnais certains cours en lettres et des cours de français général, où tout le monde doit lire des romans, ouf, je te dis qu’il y en a qui n’ont pas le goût d’être là. J’ai eu des étudiants en lettres qui me disaient qu’ils n’aimaient pas lire! J’ai eu aussi des étudiants extraordinaires, ouverts, matures et allumés. Mais c’est pas la majorité, franchement. »

Freak show

Les profs de Malphas présentent eux aussi une galerie étonnante de personnages, tous aussi étranges, grotesques, à la manière d’une toile de Jérôme Bosch. « Il y a quelque de chose très théâtral, de très grotesque dans ces personnages, un peu freak show par moments. Ils ont quelque chose de monstrueux parce que ce sont tous des marginaux, des rejects, des parias de la société, mais, en même temps, on n’a pas le choix de s’attacher à quelques-uns d’entre eux parce qu’il n’y a pas de personnages normaux et terre à terre.

« Sarkozy n’est pas l’exemple à suivre, même si on sent que c’est un gars intelligent, intègre, fidèle en amitié, contre l’injustice. Comme tous les personnages ont leur part d’ombre, t’as le choix de tous les haïr ou de dire, je vais les prendre comme ça parce qu’ils ont leur part d’humanité. »

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