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Attentat au Métropolis

Bain n’avait pas peur de mourir, selon un couple d’Ontariens

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Dessin Delf Berg / Agence QMI Richard Bain, l'homme derrière l'attentat au Métropolis

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LONDON, Ontario – Richard Henry Bain, l'individu accusé d'être l'auteur de l'attentat survenu au Métropolis mardi soir, était obsédé par la politique au Québec, selon un couple de London, en Ontario, qui l’avait engagé comme guide de pêche, quelques semaines avant la tragédie.

Bain était obsédé par la politique québécoise et n’avait pas peur de mourir, selon un couple d’Ontariens

L’homme de 61 ans, propriétaire d’une pourvoirie dans les Laurentides, aurait dit à Anthea Rowe et son mari Will Rounds qu’il participait à des rassemblements politiques. Il a aussi raconté qu’il avait écrit au premier ministre Jean Charest afin de le convaincre de vendre des terres de la Couronne aux citoyens qui possèdent des chalets sur celles-ci, une façon d’attirer des votes au Parti libéral.

«Il faisait des digressions, se plaignant que lui et plusieurs autres personnes tentaient d’acheter les terrains parce qu’ils étaient propriétaires des bâtiments, mais pas du sol, a dit Mme Rowe, au sujet du vieux chalet que Bain disait avoir acheté il y a trois ou quatre ans. «Il était très politique», a-t-elle ajouté.

Le couple a précisé avoir pêché sur le lac où se trouvait le chalet de Bain deux semaines avant l’attentat, et qu’ils ont attrapé deux truites arc-en-ciel.

Richard Bain était de commerce assez agréable, ayant même nettoyé les poissons du couple, a dit M. Rounds. «En partant, il nous a donné un oignon et des épices», a-t-il précisé.

Mais sa conversation semblait un peu hors de propos pour un guide en compagnie de deux touristes, ont précisé les deux Ontariens.

«À notre retour, on s’est plaint à notre entourage, en disant “Hé, ce guide qui devait nous amener à la pêche a passé tout le temps à parler de politique québécoise”. Ça nous semblait inconvenant pour quelqu’un qui tient un commerce, a dit Mme Rowe. Nous en avions assez.»

Durant leur excursion de quatre heures, Bain «n’a pas cessé de faire valoir sa vision du monde», a dit M. Rounds, qui a décrit le guide comme un «excentrique».

Selon le couple, Bain leur a dit que s’il était au pouvoir, il séparerait Montréal du reste du Québec et en ferait sa propre province.

Il aurait confié qu’il avait accueilli le Christ dans son cœur il y a 18 mois et qu’il n’avait pas peur de mourir.

Il s’est aussi vanté d’être un fameux fêtard, disant qu’il avait passé la soirée à s’enivrer la veille d’une compétition Ironman, qu’il avait ramené deux femmes à son chalet pour les reconduire le lendemain matin avant d’aller voir le départ de la compétition.

La première ministre élue Pauline Marois terminait son discours de victoire au Métropolis, mardi soir, à Montréal, lorsqu’un homme masqué habillé en noir s’est approché de l’entrée arrière et a ouvert le feu, tuant le technicien Denis Blanchette et blessant son collègue Dave Courage.

Les policiers croient que le tireur visait Mme Marois.

Lorsqu’il a été arrêté et escorté par la police, Bain a crié «Les Anglais se réveillent», tout juste avant d’être placé dans une auto-patrouille, laissant entrevoir qu’il était peut-être animé par des sentiments antiséparatistes.

Mme Rowe a dit qu’elle n’avait pas cru un seul instant que l’homme avec lequel elle et son mari avaient passé quatre heures, le 23 août, pouvait être violent.

«Nous nous sommes dit que c’était bizarre, a-t-elle indiqué. Mais cet homme semblait tout à fait fonctionnel.»

Une visite à la compétition Ironman

Les deux touristes étaient allés à Mont-Tremblant, afin de voir un membre de leur famille participer à cette même compétition Ironman. Quelques jours plus tard, au centre de villégiature où ils demeuraient, ils ont vu une annonce au sujet de la petite pourvoirie de Richard Bain.

Selon eux, le rendez-vous avec Bain a eu lieu sur le bord de l’autoroute. Ils sont montés à l’arrière de son véhicule Yukon, sale et maculé de boue, et après avoir circulé une quinzaine de minutes sur un chemin tortueux, ils sont arrivés au chalet de Bain, qu’il prétendait avoir construit avec un ami.

«Il semblait à l’aise dans le travail manuel et avec la vie en plein air. On pouvait voir qu’il avait fait lui-même les rénovations à son chalet», a dit Mme Rowe.

Bain a indiqué au couple qu’il avait été gérant dans une usine de cuivre à Montréal et qu’il n’avait pas une très haute opinion des syndicats, des immigrants et des gens sur l’aide sociale, ont rapporté les deux Ontariens.

Ce n’est que vendredi, trois jours après les élections au Québec et après avoir vu une vidéo de Bain sur des sites d’information, qu’ils se sont rendus compte que l’homme avec lequel ils étaient allés à la pêche avait été arrêté.

«C’était fou, a dit Mme Rowe. Je me sentais très mal.»

Richard Bain est accusé de meurtre au premier degré, de meurtre prémédité, d’incendie criminel et fait face aussi à 13 autres chefs d’accusation.

 

 

 

 

 

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