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devant le CRTC

Bell sort des «lapins» du chapeau

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Photo Christinne Muschi / Reuters Le président et chef de la direction de Bell George Cope et le grand patron d'Astral, Ian Greenberg.

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Bell Canada affirme que l'achat du diffuseur Astral pour 3,4 milliards $ servira de rempart contre les géants étrangers comme Netflix et Apple. Elle entend créer un concurrent direct et aussi lancer un service de nouvelles.

Le président et chef de la direction de Bell, George Cope, a plaidé lundi en faveur de la création d'un titan canadien, lors des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur la transaction.

Un nouveau concurrent à Netflix

Selon lui, « le système de radiodiffusion a besoin d'entreprises ayant les moyens de concurrencer les diffuseurs étrangers comme Netflix, Apple, Google et Amazon. Plus de 10 % des Canadiens sont maintenant abonnés à Netflix, qui représente plus de 11 millions d'heures de visionnement de télévision chaque semaine ».

Le grand patron d'Astral, Ian Greenberg, a mentionné que les stations qu'il vend « sont la première ligne de défense » contre ces diffuseurs, pour prévenir la perte de clients aux services de télé traditionnels. Elles permettront à Bell d'offrir du contenu sur toutes les plateformes, selon lui.

George Cope a profité de l'occasion pour annoncer que Bell créerait un service de divertissement sur demande concurrent à Netflix, en anglais et en français. Les propriétés d'Astral lui permettraient d'investir localement de cette façon, ce que les entreprises étrangères ne font pas.

Un service de nouvelles à Montréal

Afin de démontrer son sérieux en matière de contenu canadien, M. Cope a annoncé qu'un « tout nouveau service national de nouvelles en français basé à Montréal » serait lancé.

Il serait financé à partir du bloc de 241,3 millions $ d'avantages tangibles mis sur la table pour le système de radiodiffusion, si la transaction reçoit le feu vert. Ce bloc était auparavant limité à 200 millions $.

Difficile de savoir si Bell lancera une chaîne de nouvelles en continu. La forme du service n'est pas encore décidée, a expliqué la porte-parole de Bell, Marie-Eve Francoeur, en marge des audiences.

Au début de son discours, M. Cope a affirmé que son intention de bonifier le contenu canadien avait des précédents. Après avoir acheté le réseau CTV, a-t-il lancé, Bell Média « a investi dans une gamme de nouvelles émissions d'intérêt national et a grandement amélioré l'offre de nouvelles dans les marchés locaux ».

Le président de Bell Média, Kevin Crull, a enchaîné en disant que « nous avons ajouté 700 heures de contenu canadien en sus des nouvelles, des sports et des productions maison. Nous avons repris des entreprises moribondes et nous les avons remises sur pied ».

George Cope a aussi accusé Québecor et Cogeco d'avoir mené une « vigoureuse campagne de désinformation » contre Bell, utilisant « leurs vastes réseaux de propriétés médias pour diaboliser la transaction, jusqu'à un niveau absurde ».

Fardeau de la preuve

Le président du CRTC, Jean-Pierre Blais, a qualifié les annonces de lundi de « lapins » que Bell sort de son chapeau.

Dès l'ouverture de l'audience, M. Blais a averti Bell qu'elle avait tout à prouver afin de faire accepter la transaction. Il a souligné que les audiences n'étaient pas une séance de négociations. « Le fardeau de la preuve incombe entièrement à Astral et à BCE », a-t-il indiqué.

« Nous devons nous assurer que les parties exposent clairement les raisons pour lesquelles le Canada en sortirait gagnant », a ajouté M. Blais.

 

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