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Nage synchronisée

Un oui vers le firmament

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Les archives AFP Julie Sauvé était à la tête de l’équipe canadienne de nage synchronisée lors des derniers Jeux olympiques.

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Tout avait débuté par un oui pour faire un remplacement, en étant «même pas sûre» si l’expérience s’avérerait concluante. Finalement, après 40 années vécues au bord des piscines, Julie Sauvé entre fièrement au Temple de la renommée olympique canadien.

«Je ne pensais pas continuer après cette première année, mais on avait remporté tout ce qui existait comme médailles au championnat canadien. À mon retour, mes parents m’avaient dit : ouin, tu es probablement à la bonne place!», raconte aujourd’hui, amusée, cette dame indissociable de la nage synchronisée au Canada.

Privilégiée

Julie Sauvé assistera demain soir au gala du Comité olympique canadien avec sa mère, Madeleine, sa fidèle complice âgée de 85 ans, au Air Canada Centre à Toronto. De retour des Jeux de Londres et malgré l’amère déception de la quatrième place au concours par équipe, les souvenirs et les anecdotes se bousculeront alors dans l’esprit de cette entraîneuse de l’équipe nationale depuis 30 ans.

«Je me considère comme vraiment privilégiée. Tu sais que tu peux être entraîneur toute ta vie, mais il y a bien peu d’appelés au Temple de la renommée», nous a affirmé cette semaine la résidente de Laval, qu’on a surprise pendant qu’elle rédigeait le mot de remerciement qu’elle livrera à ce gala.

Reconnue comme l’une des meilleures chorégraphes et techniciennes de son sport, Sauvé a contribué au développement de multiples championnes, à commencer par les sœurs Penny et Vicky Vilagos, médaillées d’argent aux Jeux de Barcelone, et Sylvie Fréchette, championne olympique à ces mêmes Jeux de 1992.

Liens

Quand elle évoque sa carrière parsemée de joies et de peines, elle la traduit par les riches liens d’amitié tissés avec celles qu’elle appelle « ses enfants ». Son accompagnement auprès de Sylvie Fréchette, éprouvée par le suicide de son fiancé une semaine avant les Jeux de Barcelone, s’inscrit certes parmi ses réalisations les plus effacées.

«Même si ça fait 20 ans, les gens m’en parlent encore, comme si c’était hier. Ça a marqué l’histoire. Je suis avant tout une chorégraphe, mais j’avais agi comme une maman avec elle durant cette période. Je suis encore perçue comme sa deuxième mère. Nous sommes très près, comme je le suis auprès des jumelles Vilagos», fait l’entraîneuse, aussi admise au Panthéon des sports canadiens en 2006.

«C’est grâce à notre relation en béton qu’on avait réussi à passer au travers», rappelle pour sa part Fréchette, qui a récupéré un an plus tard la médaille d’or que lui avait coûtée une erreur de pointage suivant sa performance.

«J’étais en mode survie et ça prenait ma mère et Julie pour être capable de tenir les deux moitiés ensemble pour que ça marche. Oui, on a un lien pour la vie, elle et moi», certifie aujourd’hui l’ex-nageuse.

«J’ai aimé mon temps»

Retraitée depuis 2005 de la Ville de Montréal, Sauvé avait été engagée dans la foulée des Jeux olympiques de 1976 et la volonté d’assigner des entraîneurs afin de développer les différentes disciplines aquatiques. Cet emploi l’a conduite jusqu’à une reconnaissance de son pays. Et à des amitiés qui survivront aux époques.

«Ce que j’ai vécu, c’est comme avec nos enfants. Les médailles vont toutes dans les tiroirs, alors que nous, nous demeurons des humains. On parle encore de nos affaires et on en rit. Vraiment, j’ai beaucoup aimé mon temps.»

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