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Une « secte » au cégep

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Nouvelle Acropole, considérée par plusieurs comme une « secte néofasciste », donnait un « atelier philosophique » hier soir au Collège François-Xavier-Garneau, ce qui a choqué les étudiants de l’institution d’enseignement.

Nouvelle Acropole, considérée par plusieurs comme une « secte néofasciste », donnait un « atelier philosophique » hier soir au Collège François-Xavier-Garneau, ce qui a choqué les étudiants de l’institution d’enseignement.

Au coût de 10 $, il était possible d’assister à une séance de « l’organisation internationale Nouvelle Acropole ». Le groupe se présente comme une association culturelle à but non lucratif axée sur la philosophie appliquée et œuvrant dans l’humanitaire.  

En arrivant à la conférence, les participants étaient mis en garde par des étudiants, qui les avertissaient qu’ils faisaient sans doute face à une secte. Certaines personnes ont même rebroussé chemin en lisant le pamphlet portant le nom de Nouvelle Acropole... Secte néofasciste française.

Nazisme

Fondée en 1957 en Argentine, Nouvelle Acropole s’est développée en France. Depuis ce temps, elle aurait eu des liens étroits avec des nostalgiques du fascisme nazi et est associée à des courants de pensée d’extrême droite désirant faire « naître un nouvel humanisme », selon des spécialistes des sectes.

Des dizaines de sites Web dépeignent aussi l’organisation comme une secte et plusieurs personnes y racontent leur aventure. Selon eux, une fois membres, les gens se voient attirer dans une spirale aristocratique où les relations sexuelles seraient contrôlées et où les homosexuels, les drogués et les analphabètes seraient le mal. Le groupe n’est toutefois plus considéré comme une secte depuis quelques années en France.

Selon l’un des étudiants du Collège F.-X.-Garneau qui a organisé la mise en garde, il est incompréhensible qu’une telle organisation puisse venir faire la propagande de ses idées. « On n’est pas d’accord qu’il y ait ce genre d’événements dans une institution d’enseignement », a signalé Mathieu Gauvreau.

Les professeurs contre-attaquent

L’administration du cégep avait été mise au courant par l’association étudiante et le comité de mobilisation du cégep qu’une organisation réputée être une secte venait faire une conférence dans l’une de ses classes. La salle n’avait par contre pas été louée au nom de l’organisation. C’est plutôt la directrice et conférencière de Nouvelle Acropole Québec, Céline Bouchard, qui avait loué le local à son nom. « Ils ne pouvaient pas confirmer que c’était une secte », a expliqué l’étudiant.

D’ailleurs, ce sont les professeurs de philosophie qui ont décidé de ne pas annuler la réservation, car ils voulaient affronter en direct ladite « secte ». « C’est complètement inacceptable qu’une organisation, sous apparence de faire de la philosophie, vienne dans un cégep. On veut les torcher sur place », a laissé tomber le professeur de philosophie Bassam Adam. « C’est comme la scientologie, qui se donne des airs de science alors que derrière, c’est une secte. Sauf qu’ici, elle se donne des airs de philosophie. »

À l’intérieur

Le Journal a réussi à s’infiltrer afin de mieux comprendre le type de conférence que donne Nouvelle Acropole et pour assister à la confrontation entre la conférencière et les professeurs.

Dès le départ, les gens doivent s’identifier et payer 10 $. Une douce musique d’ambiance joue. La conférence commence et seulement cinq personnes y assistent : un journaliste, trois professeurs et une dame qui accompagnait la directrice. Les autres personnes avaient toutes rebroussé chemin après l’avertissement des étudiants.  

La femme commence alors son discours, « parsemé de contradictions », selon les professeurs de philosophie sur place. Dans un grand monologue, la dame fait la morale aux êtres humains à propos de leur mode de vie. « Ce qu’elle a dit, c’est plein de conneries, c’est extrêmement vague », a affirmé un enseignant. Une soirée saupoudrée de malaises. 

 

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