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Transports | Vitesse

Des « trappes à tickets »

L’imposition de quotas forcerait la main des patrouilleurs

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Limites de vitesse revues à la baisse, changements multiples sur la même artère ou opérations radars qui sont de vrais guet-apens... Tous les moyens semblent bons pour prendre en défaut les automobilistes et enrichir les administrations municipales.

Limites de vitesse revues à la baisse, changements multiples sur la même artère ou opérations radars qui sont de vrais guet-apens... Tous les moyens semblent bons pour prendre en défaut les automobilistes et enrichir les administrations municipales.

Selon les groupes de défense des automobilistes, l’imposition de quotas aux policiers oblige souvent les patrouilleurs à user d’imagination pour remplir leur obligation. « Toutes les municipalités qui ont des corps de police budgétisent annuellement ce que vont rapporter les contraventions », explique Karl Hamel, de Québec-Ticket.

Chaque année, les élus veulent donc augmenter les revenus de ce poste budgétaire et l’imposition de quotas aux policiers est aujourd’hui admise par plusieurs administrations, dont celle de Montréal.

« Puisque tu as des quotas, il faut que tu trouves des endroits pour émettre des tickets, d’où les trappes à tickets », illustre Alfredo Munoz, un ancien policier, maintenant président de SOS Ticket. « Quand ça stagne, ça se peut qu’elles (les municipalités) demandent au gouvernement de sortir de nouvelles lois », suppose M. Hamel.

70 km/h sur l’autoroute

Karl Hamel a identifié plusieurs « trappes à tickets » lucratives pour les corps policiers dans la région de Québec. La plus évidente, selon lui, est celle située sur Robert-Bourassa en direction nord dans la courbe menant au viaduc du boulevard Hamel. Là où la limite passe soudainement de 100 à 70 km/h (voir photo). « En roulant à 110 ou 120 km/h, non seulement mes clients reçoivent une contravention pour excès de vitesse, mais il reçoivent un grand excès de vitesse. »

Autre exemple, les opérations radars faites dans les zones scolaires. « Pour faire de la prévention près des écoles, les policiers devraient se mettre avant la zone scolaire, pas après. Ce que les policiers font, ce n’est pas de la sécurité routière », lance M. Hamel.

Des limites toujours à la baisse

Selon les chiffres obtenus par Québec-Ticket, depuis trois ans, une seule artère a vu sa limite de vitesse augmenter parmi les 800 municipalités de la région. « Toutes les autres modifications, sans exception, sont à la baisse, dit M. Hamel. Ce n’est pas parce que toutes les zones étaient dangereuses; c’est que c’est payant des contraventions pour les municipalités. »

À Lévis, sur le boulevard de la Rive-Sud entre Beaumont et la tête des ponts, pas moins de cinq changements de limite de vitesse en 10 km doivent être respectés par les conducteurs. Une ambiguïté dans laquelle plusieurs automobilistes se sentent piégés.

À la Sûreté du Québec, les arguments des automobilistes sont pourtant balayés du revers de la main. « Il y a des panneaux de signalisation qui indiquent les limites de vitesse à respecter. Ces panneaux-là sont visibles. Alors, les gens qui les respectent ne recevront pas de billet d’infraction », dit simplement Ann Mathieu.

— Avec la collaboration de Catherine Bouchard

 

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