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La Traviata

Superbe et grandiose

Une réussite sur toute la ligne pour lancer la nouvelle saison

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Photo courtoisie Le ténor Antoine Bélanger incarne Alfredo tandis que la soprano Laura Whalen est Violetta.

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L’Opéra de Québec a lancé sa nouvelle saison, samedi, au Grand Théâtre, avec une superbe interprétation de La Traviata.

Des airs connus, des voix de grande qualité, des costumes éclatants, des décors grandioses et de beaux éléments de mise en scène. Une réussite sur toute la ligne.

L’opéra de Verdi, qui est un incontournable du genre, n’avait pas été présenté à Québec depuis dix ans.

La Traviata, c’est l’histoire d’amour entre un jeune homme de bonne famille et une courtisane qui aime être libre, faire la fête et s’amuser.

Le premier acte commence avec une belle scène de groupe lors d’un banquet donné dans la luxueuse résidence parisienne de Violetta (Laura Whalen). Alfredo (Antoine Bélanger) entame le Libiamo ne’lieti calici et l’air connu provoque les premières réactions dans la salle Louis-Fréchette remplie à pleine capacité.

Alfredo lui déclare son amour, mais Violetta préfère sa liberté. Les invités quittent la fête et la voix du prétendant, dans un bel effet de mise en scène, résonne dans sa tête.

Imposant Laperrière

Le niveau de jeu s’élève lors du deuxième acte. Violetta et Alfredo vivent ensemble. Le couple est heureux. Antoine Bélanger, qui tient un rôle de soliste pour la première fois dans sa ville natale, est plus à l’aise et en contrôle. Sa voix a pris de la puissance.

Giorgio, le père d’Alfredo, profite de l’absence de son fils pour rendre visite à Violetta et la supplier de mettre fin à la liaison. L’honneur de la famille est en jeu.

Gaétan Laperrière (Giorgio) joue avec brio. Le baryton est dramatique, intense et imposant. Il est la grande vedette de ce deuxième acte. L’amalgame de sa voix et celle de la soprano, lorsqu’il réussit à convaincre Violetta de rompre, est un des moments forts de la soirée.

L’échange qui suit entre le père et le fils, lorsqu’Alfredo découvre, sans comprendre, que sa belle l’a quitté, est un autre beau moment d’émotion. Le père, responsable de la situation, tente de réconforter le fils troublé.

Une saynète amusante, lorsqu’un toréador courtise une jeune femme, lors d’une fête, tombe à point. Ce moment rigolo et coquin permet d’alléger la tension dramatique accumulée. Alfredo découvre sa Violetta aux bras du Baron Douphol et il lui dit sa façon de penser.

Agonie et puissance

La soprano Laura Whalen montre, dans le troisième et dernier acte, toute l’étendue de son talent. Au lit et mourante, les jours de Violetta sont comptés. La soprano originaire de l’Alberta réussit une bel exercice d’équilibriste en jouant la douleur et l’agonie, tout en état forte et puissante vocalement. Whalen, qui a un rôle particulièrement exigeant, été magistrale tout au long de la soirée.

Alfredo retrouve Violetta, mais il est trop tard. La jeune femme va renaître au contact de son amoureux qu’elle a trahi contre son gré, pour s’éteindre dans ses bras. Totale tragédie.

Bien appuyé par l’Orchestre symphonique de Québec, sous la direction du chef Daniel Lipton, l’Opéra de Québec livre la marchandise avec cette superbe version de La Traviata. Une soirée belle et agréable.

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