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Suggestions à Jean-François Lisée

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Pauline Marois attend de son ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, qu’il revampe Montréal... Voilà qui ne sera pas une mince tâche! Voici donc mon humble contribution de chroniqueur : quelques idées qui pourraient inspirer notre Hercule dans son nettoyage des écuries d’Augias.

Pauline Marois attend de son ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, qu’il revampe Montréal... Voilà qui ne sera pas une mince tâche! Voici donc mon humble contribution de chroniqueur : quelques idées qui pourraient inspirer notre Hercule dans son nettoyage des écuries d’Augias.

Notre ministre de la métropole a une imagination des plus fertiles. Ça tombe bien puisqu’il lui faudra beaucoup d’inventivité pour naviguer dans les méandres (plein de culs-de-sac, de sens uniques, de nids-de-poule et de rues fermées par des travaux) de la métropole éléphantesque, avec ses 19 maires, depuis la fusion pilotée par le précédent gouvernement péquiste...

Ne serait-ce pas merveilleux si M. Lisée osait utiliser la clause nonobstant de la «Charte des abus de libertés» afin de forcer l’installation à Montréal des milliers d’employés de la ville qui vivent ailleurs que dans la métropole? Puisqu’il faut attirer du monde à Montréal, nous dit Statistiques Canada, pourquoi ne pas réclamer des fonctionnaires municipaux qu’ils habitent eux-mêmes dans la ville qui les emploie?

Baisser les taxes

Pour attirer des gens dans l’île, pourquoi ne pas abolir la cynique «taxe de bienvenue»? Vous allez me répliquer que notre métropole dévoreuse de taxes manque d’argent. Pourtant, elle pourrait s’attaquer aux goinfres que sont devenus ces programmes de congés-de-maladie-sans-être-malades, de même que ces régimes de pension payés en trop grande partie par les municipalités; dans le cas de Montréal, c’est 75 %... sans compter tout l’argent qu’on continue de nous voler.

Puisque l’un des fléaux de la métropole, c’est le nombre sidérant de «quêteux» à temps plein qui harcèlent les passants, on pourrait peut-être intervenir plus souvent pour empêcher ce «commerce» totalement improductif... Pourquoi ne pas multiplier les programmes de retour au travail pour les itinérants qui pourraient, par exemple, s’occuper de jardins communautaires, entretenir des parcs, voire déneiger des trottoirs, etc.? Des équipes de nettoyage pourraient être formées pour redorer le blason de notre ville encore trop sale.

Retrouver la mémoire

À la veille du 375e anniversaire de Ville-Marie, pourquoi ne pas rehausser notre cachet unique en Amérique du Nord en adoptant une politique d’affichage unilingue dans la partie historique fondée par le Sieur de Maisonneuve. C’est une idée de l’ex-maire de Québec, Jean-Paul Lallier, que la francisation des quartiers de la Nouvelle-France, autant dans la Vieille Capitale, qu’à Trois-Rivières ou dans le Vieux-Montréal.

Encore pour le 375e anniversaire, pourquoi ne pas donner un descriptif aux panonceaux de rue – comme à Paris – de manière à nous faire connaître le personnage historique dont il est question. Par exemple, sous le nom Henri-Bourassa, en petits caractères, on pourrait lire : «Fondateur du quotidien Le Devoir». Sous le nom De Lorimier, on pourrait lire : «Patriote pendu au Pied-du-courant».

Par la même occasion, n’oublions pas d’honorer le frère André en donnant son nom, si possible, à la rue Queen Mary. Il me semble aussi que l’ami du naïf Gérald Tremblay, feu Robert Bourassa, devrait enfin avoir sa rue d’importance à Montréal... et je demeure convaincu qu’il n’aurait pas fallu céder devant les braillards de Park Avenue.

Pourquoi ne pas franciser les rue University ou McGill College? Pourquoi ne pas illuminer le pont Jacques-Cartier? Pourquoi ne pas avoir des taxis distinctifs? Pourquoi ne pas avoir des pimpons au lieu des sirènes américaines sur nos véhicules d’urgence? Pourquoi ne pas habiller nos policiers davantage à l’européenne, histoire de rappeler aux touristes qu’ils ne sont pas ici à Cincinnati ou Toronto?

Mais sachez bien, M. Lisée, que ce ne sont pas avec les Coderre et les Rozon de ce monde – hélas ! – que nous ferons une ville d’abord américaine, peut-être, mais distincte...

 

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