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Viande

Amour, crime et anorexie

Viande
Photo Gabriel Talbot-Lachance La pièce Viande est présentée jusqu’au 10 novembre à Premier Acte, une proposition violente à la mise en scène audacieuse.

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Amour, crime, anorexie : trois univers qui semblent à première vue opposés s’agencent habilement dans Viande, pièce coup de poing et surréelle, présentée jusqu’au 10 novembre à Premier Acte.

Viande aurait pu simplement être l’histoire d’un homme et d’une femme qui se rencontrent dans un bar et passent la nuit ensemble. Le récit d’une étudiante blessée, perdue dans sa relation, qui «fourre ben cochon pour voir ce que ça fait», devant un garçon charmant, sérieux et presque attentionné qui ne cherche qu’à mieux la connaître. Mais on aurait été déçu.

Inspirée d’une période assez «intense» de la vie de Noémie O’Farrell, qui campe le personnage principal, Viande se veut violente, malsaine et empreinte d’un profond désespoir. Alors que le public croit avoir à supporter les ébats de deux inconnus durant la totalité de la pièce, la donne change lorsqu’un homme fait son apparition dans l’appartement de la jeune tourmentée. On bouscule le scénario. Et on aime ça.

Sans vouloir révéler l’intrigue, disons que GHB, anesthésie, scalpel, chirurgie, cannibalisme, manipulation et sonorités d’À la claire fontaine feront alors leur apparition, dans un revirement de situation des plus inattendus. Derrière cette mascarade se cache un mal difficile à aborder. Une maladie, l’anorexie, qui s’expose avec son lot de conséquences néfastes.

Le tout peut avoir l’air tiré par les cheveux, certes. L’écriture et la mise en scène audacieuse de Maxime Robin réussissent toutefois étonnamment à donner à ce film d’horreur sur planches une certaine cohérence. Chapeau pour les effets spéciaux : on y a cru, un brin horrifié.

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