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Patinage de vitesse

Une grande trouvaille

Le longiligne Alex Boisvert-Lacroix a trouvé sa voie sur la longue piste

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Laissons la prochaine année finir son travail, mais ça ressemble au début d'un conte de fées si Alex Boisvert-Lacroix se qualifie pour les Jeux ­olympiques.

À 6 pi 3 po et 200 livres, on le repère aisément dans le décor du patinage de vitesse international. Reste maintenant à définir de qui il s'agit et le patineur de Sherbrooke prend les moyens pour se présenter.

En une douzaine de mois, il a converti une carrière en courte piste qui n'allait nulle part en une place parmi les meilleurs spécialistes mondiaux du 500 m, demain, sur l'ovale mythique de Heerenveen.

«Ma mère me répète souvent qu'il n'arrive rien pour rien. J'ai tourné la page sur la courte piste et je pense que mes chances sont devenues meilleures de participer aux Jeux olympiques. Maintenant, c'est moi qui contrôle la manette», illustre cet homme de 25 ans, aussi jovial qu'articulé.

Une déception déterminante

Quand il dit avoir tourné la page sur la courte piste, Boisvert-Lacroix fait allusion à sa déception vécue à l'été 2009. Trois semaines avant les sélections olympiques, le médecin lui a annoncé ce qu'il ne souhaitait pas entendre : mononucléose. Bye! Bye! Jeux de Vancouver!

Une médaille de bronze sur 500 m en Coupe du monde, l'hiver précédent, et l'absence à ces sélections de Charles Hamelin (présélectionné) et de François-Louis Tremblay (blessé) laissaient croire à Boisvert-Lacroix que son occasion était venue. Mais non. En 2011, il a décidé d'assouvir sa vengeance contre le destin en s'exilant vers Calgary, où des conditions optimales d'entraînement en longue piste allaient favoriser sa transition.

«Quand j'ai fini fort la saison dernière, ça m'a confirmé que j'avais pris la bonne décision. J'étais devenu pratiquement égal aux autres patineurs de 500 m, tout en sachant qu'il me reste encore de la force et de la technique à aller chercher», donne-t-il à entendre.

Encore en progression

De toute évidence, l'ascension se poursuit. Dès sa première Coupe du monde à Salt Lake City, en janvier, son chrono de 34,92 s l'a lancé ensuite à celle de Heerenveen, où il a terminé 17e dans le groupe A.

Puis, ce fut les finales de la Coupe du monde à Berlin, réservées aux 24 premiers au classement du circuit.

Au début de novembre, son deuxième rang aux sélections canadiennes, dont un record personnel de 34,70 s, a démontré ce qu'il en a encore sous la lame.

«Il me reste à développer la technique, améliorer mes droits, devenir un patineur plus efficace. J'ai beaucoup travaillé mes départs durant l'été, ce qui était ma principale lacune.

En venant du courte piste, ma force était donc les virages, mais il me fallait de meilleurs départs pour bien exploiter mes virages», explique le Québécois, qui a signé la meilleure ouverture (les 100 premiers mètres) lors de ces sélections.

Un choix à prévoir

On saura dans un an si l'objectif ultime d'une expérience olympique récompensera cette jolie naïveté d'une recrue en longue piste. «Entre 23 et 27 ans, on dit que ce sont les meilleures années dans une vie d'athlète», partage-t-il, lui qui a mis en suspens ses études en éducation physique à l'UQAM.

«Si je ne vais pas aux Jeux olympiques, le temps sera venu de passer à autre chose. Si je me qualifie, ce sera difficile d'arrêter au sommet de ma forme...»

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