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The Who | Concert

La même énergie, 40 ans plus tard

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Les rockeurs anglais The Who étaient de retour au Centre Bell mardi soir pour Quadrophenia and More, leur première tournée nord-américaine en quatre ans.

Que vient-on chercher en 2012 à un concert de ces piliers du rock des années 60, très productifs jusqu’à la fin des années 1970 (8 albums studio), un peu moins depuis (trois albums studio ces trente dernières années)? De la nostalgie? Oui, une bonne dose même, qui fait son apparition à l’écoute de titres tels que My Generation, Behind Blue Eyes, ou encore Baba O'Riley.

Admirer un groupe qui a écoulé plus 100 millions d’albums? Écouter Pete Townshend, classé 10e guitariste de tous les temps dans le classement du mensuel américain Rolling Stone? Voir ce même guitariste briser son instrument sur scène, chose dont il était friand étant jeune? Ou tout simplement assister à un bon concert rock?

Toutes ces raisons étaient acceptables (excepté celle du bris de guitare) mardi soir au Centre Bell.

Pour les 40 ans de leur sixième album, l’opéra rock Quadrophenia, le groupe légendaire a interprété l’intégralité du double opus et quelques tubes.

Subtil mélange

Ce sont les Américains de Vintage Trouble qui ont ouvert le bal avec une musique originale, subtil mélange de rock et soul, peut-être un peu trop éloigné des racines du groupe phare pour remplir pleinement son rôle de catalyseur, mais tout de même soutenu par l’auditoire, avec fébrilité, mais soutenu quand même. Entre deux gros riffs de rock, Ty Taylor, le chanteur de la formation hybride, invoque les grandes voix de la soul music, comme sur Nobody Told Me, titre extrait de leur unique album The Bomb Shelter Sessions, sur lequel flotte délicieusement le spectre vocal de Otis Redding.

Durant le changement de plateau, les trois écrans géants sont passés aux couleurs de «Teen Cancer America», fondation que soutient le groupe, et qui oeuvre dans l’amélioration des conditions de vie des adolescents et jeunes adultes qui souffrent du cancer.

Ces mêmes écrans ont ensuite revêtu des images de vagues, d’un coucher de soleil, et des images d’archives du groupe, le tout accompagné par le cliquetis le bruit de l’océan, logique pour lancer I Am the Sea.

Le quatuor est maintenant un véritable orchestre avec Zak Starkey (fils de Ringo Starr) à la batterie, Pino Palladino à la basse, Simon Townshend, le jeune frère de Pete, à la guitare et aux voix, Chris Stainton, Loren Gold aux claviers, Frank Simes à la direction musicale, et même une section cuivre.

Même s’il a confié au magazine Rolling Stone avoir une douleur chronique à un genou et au bras droit, Pete Townshend attaque toujours avec autant de conviction sa Stratocaster, et pousse toujours la note. Après les cinq premiers titres électriques, le guitariste a posé les lunettes de soleil, et échangé le plectre contre ses doigts nus, pour I’m One, titre alternant délicatesse et passages rocks, efficace même si porté par une voix un peu trop en force.

La pièce suivante The Dirty Jobs fut magnifiée par la section cuivre.

Direction artistique simpliste

On ne peut pas en dire autant de la direction artistique simpliste des séquences filmées projetées en arrière-plan. Les vidéos illustrent les thèmes des morceaux, mais n’apportent aucune dimension supplémentaire au spectacle: pour The Dirty Jobs, des images de cheminées d’usines, de chaines de production; des images abstraites pour illustrer les pièces aux thèmes plus conceptuels comme Is It In My Head, ou I’ve Had Enough. L’imagination des spectateurs est suffisamment aiguisée pour générer ce genre de symboles sans l’aide d’un tel média. Dans le cadre de cette tournée, l’image dessert plus le spectacle qu’elle ne le transcende. Un soutien visuel oui, mais lorsqu’il apporte une réelle plus value.

En ce qui concerne l’énergie, elle était bien présente, mais plus sur scène que dans l’auditoire. L’effet scénaristique de l’opéra rock qui confère au concert une dimension pièce de théâtre?

Fidèles au poste depuis 1964, Pete Townshend, et Roger Daltrey, respectivement 67 et 68 ans, ont tout de même de beaux restes et savent honorer leur public.

Le groupe a toujours la recette des puissantes finales, comme sur la pièce 5:15, avec un solo de basse virtuellement interprété par John Entwistle, décédé en 2002, mais bien vivant à l’écran. Pete Townshend a conclu le morceau en assenant ses légendaires moulinets, déclenchant la première ovation debout de la soirée.

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