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Un vert dans le brun

Bloc Samson

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Le mélange de deux parts de rouge et d’une part de vert donne du brun. Le ministre vert Daniel Breton nageait dans le rouge avant l’élection du 4 septembre et il a eu une conduite personnelle plus que questionnable.

J’entends déjà ses supporters inconditionnels échafauder un complot de la droite capitaliste pour mettre hors d’état de nuire un militant exemplaire, adepte de la simplicité volontaire, qui faisait de la récupération à haute échelle de bouteilles de vin vides, de cannettes d’aluminium et de latex. Il testait sans doute aussi, pour le compte de Radio-Canada et du Devoir, les effets de la surconsommation d’essence sur l’augmentation des gaz à effet de serre.

Mais soyons un peu sérieux!

La disqualification

Le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, est à la tête de l’un des ministères les plus sensibles de l’appareil gouvernemental. Il joue un rôle central dans la recherche du point d’équilibre entre le développement économique et la protection de l’environnement. La crédibilité du titulaire auprès des acteurs issus de ces deux courants trop souvent opposés est sa plus précieuse carte de visite.

Déjà fortement amochée à la suite de l’installation intempestive de M. Breton au pouvoir (il a aussitôt liquidé le président du Bureau des audiences publiques sur l’environnement), celle-ci a reçu un coup mortel au cours des dernières heures.

Le ministre Breton a par ailleurs la responsabilité de la gestion d’un budget de 273 millions de dollars pour le prochain exercice financier. Quelle confiance la population pourra-t-elle encore avoir dans la rigueur de l’administration de ce ministère?

M. Breton est maintenant disqualifié. S’il demeure dans ses fonctions, il sera un ministre fantoche aux yeux des gens d’affaires, de ses fonctionnaires et d’une grande partie de la population.

Les mailles du filet

Lorsqu’une personne aspire à être candidate aux élections pour un parti bien structuré, elle est confessée par le chef lui-même de ce parti ou un adjoint de confiance, pour vérifier les facettes légale, morale et éthique de son éligibilité et sur de possibles squelettes dans le placard.

Puis, si cette même personne devient susceptible d’accéder au Conseil des ministres, le même exercice est repris de façon plus serrée et une enquête est demandée à la Sûreté du Québec. La porte-parole de la première ministre, Pauline Marois, affirme avoir été informée des erreurs de parcours de Daniel Breton, mais qu’elle a été miséricordieuse. Elle ne pouvait tout de même pas avouer que le travail de sélection de ses ministres avait été bâclé ou qu’elle avait fait une erreur de jugement en nommant M. Breton ministre.

J’anticipe une démission à brève échéance, expliquée par le désir de ne pas être un boulet pour sa chef.

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