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Bourse | Katerine Savard

Une expérience olympique insolite

Une expérience olympique insolite
photo Rick Pelletier La nageuse Katerine Savard a vécu une expérience plutôt insolite aux Jeux olympiques de Londres.

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Apprendre qu’on accède à la demi-finale alors que quel­ques heures auparavant on avait bel et bien été éliminée, ça surprend. Mais l’apprendre par Facebook d’un ami qui est à plus de 5200 km du lieu des compétitions, c’est vraiment renversant. Surtout qu’on ne parle pas ici d’une petite compétition de quartier, mais des Jeux olympiques de Londres.

Et c’est exactement ce qu’a vécu la ­nageuse de 100 m papillon Katerine ­Savard, notre troisième candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC.

DEUXIÈME CHANCE

«C’est un ami de Québec qui m’a annoncé sur Facebook qu’une nageuse se retirait du 100 m. Elle avait des chances de remporter l’or au relais, mais comme cette compétition avait lieu peu de temps après celle du 100 m, elle ne voulait pas compromettre ses chances. Étant donné que j’avais terminé 17e aux préliminaires, je devenais donc la 16e et dernière nageuse à atteindre la demi-finale. Quand j’ai appris cette nouvelle, je me baladais dans le village olympique en compagnie de mon entraîneur. J’essayais de me changer les idées. J’étais tellement triste d’avoir été éliminée dès les préliminaires. Alors, quand j’ai reçu ce message Facebook, je ne le croyais pas. J’étais toute excitée. J’en pleurais de joie. J’avais une deuxième chance», raconte l’athlète de Québec.

Sa joie sera de courte durée. Katerine n’a pu profiter de cette seconde chance terminant la demi-finale au 16e et dernier rang.

«J’ai été déçue, mais moins que la première fois. Avec tout ce que j’avais vécu durant la saison 2012, des hauts et des bas; des déceptions, des joies et encore des déceptions, on aurait dit que c’était la saison qui continuait», dit la nageuse de Québec, qui dit garder quand même de bons souvenirs de sa première expérience olympique.

«C’est vraiment gros et très structuré, les Jeux olympiques. Une demi-heure avant ta compétition, tu es dans une salle isolée en compagnie de sept autres concurrentes. Des responsables inscrivent nos noms dans un registre et nous soumettent ensuite à une inspection. Ils vérifient que le maillot est bien légal et qu’il porte le code de la Fédération. Ils font la même chose avec le casque de bain et le survêtement. Dans ce dernier cas, ils s’assurent qu’il n’y ait aucune publicité. Seuls les ­anneaux olympiques sont permis. Le nom de ton pays aussi, bien sûr, mais à condition que la grosseur des lettres respecte la consigne et qu’il soit écrit à l’endroit autorisé. Ce n‘est qu’après cette inspection que le groupe quitte la salle.»

ON SE REPREND À RIO

«Quand nous sommes sortis de cette salle, j’ai eu toute une surprise : 300 000 flashs, plein de caméras, des spectateurs, nombreux qui crient et qui agitent des drapeaux. Ça bougeait et ça photographiait de partout. J’étais impressionnée. On a pris place au bloc de départ et quand on a crié «À vos marques», tout a cessé. C’était le grand silence. Le BIP annonçant le départ s‘est fait entendre et aussitôt, le bruit et les flashs ont repris.»

On connaît la suite; une décevante et inexplicable 16e place.

Katerine et son entourage s’attendaient, avec raison, à de bien meilleurs résultats. À tout le moins, faire partie des huit nageuses finalistes. N’est-elle pas détentrice de 19 records québécois et canadiens?

N’a-t-elle pas été finaliste aux championnats panpacifiques ainsi qu’aux Jeux du Commonwealth et neuvième aux Championnats du monde en 2011?

«Je n’arrive pas à expliquer ce qui s’est produit, dit Katerine Savard. Est-ce ma blessure à la cheville, juste avant les essais nationaux, qui y est pour quelque chose? Je n’en sais rien. Il faut vivre avec ça. Mais je suis jeune et si on considère que j’étais neuvième au monde en 2011, huitième avant les Jeux et que j’ai encore beaucoup de temps pour m’améliorer, je crois que je peux non seulement être de la finale à Rio, mais aussi y remporter une médaille», conclut-elle.

 

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