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Tout s’apprend, même à 100 ans !

Une tablette électronique en cadeau

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À voir les doigts de Rachel Lavoie Bélanger s’activer sur sa tablette électronique, son ardoise comme elle l’appelle, on est loin de se douter qu’ils ont un siècle d’âge.

Madame Lavoie Bélanger, que la Résidence du Saint-Rosaire a fêtée récemment, franchira le cap des 100 ans le 22 décembre sans les paraître aucunement. Sous nos yeux, elle fait défiler les jeux sur sa tablette un après l’autre, visiblement amusée de notre surprise. Centenaire et branchée, deux mots qui ne vont pas nécessairement ensemble, croit-on. Détrompez-vous ! Rachel Lavoie Bélanger fait la preuve par 100 que l’on peut être de son temps à tout âge.

Tout s’apprend

« J’ai toujours eu de la patience et tout s’apprend, même à 100 ans ! » souligne-t-elle de son rire coquin. « Je ne peux pas m’ennuyer, j’ai toujours quelque chose à faire. J’ai toujours été occupée, je n’ai jamais perdu une minute de ma vie ! » ajoute-t-elle sur le même ton enjoué.

Ce n’est certainement pas de ne pas avoir travaillé qu’elle doit sa très grande forme. Native de Price, elle et son défunt mari ont élevé leurs 13 enfants sur une terre qu’ils ont eux-mêmes défrichée à Duffaultville (anciennement Padoue), aux limites de Saint-Moïse, puis à Saint-Nil près de Matane.

« On n’a jamais manqué de rien » souligne Marie-Paule, l’aînée de la fratrie. Tous les fruits de la terre étaient utilisés. Elle se rappelle de sa mère, plus jeune, qui trouvait le temps de jouer avec eux, malgré un emploi du temps surchargé. « Elle glissait avec nous ».

Énergie et talents

« Je faisais des casse-tête avec les enfants, le soir, surtout l’hiver, parce que l’été, on sortait dehors. Je me couchais souvent à 2 h, 3 h, je travaillais tout le temps». Et pour cause. Il fallait nourrir, vêtir, nettoyer, sans les commodités d’aujourd’hui. Madame Lavoie Bélanger était cuisinière, couturière (non seulement pour la famille mais pour les autres aussi) et même barbière ! « Je faisais de belle coupes » se souvient la jeune centenaire. « Elle faisait du tricot, du crochet. Maman avait beaucoup d’énergie et beaucoup de talents » indique Marie-Paule Bélanger.

Comme si ce n’était pas suffisant, elle a aussi travaillé à l’ex-hôpital de Mont-Joli auprès des personnes atteintes de tuberculose et du côté de la psychiatrie. « J’ai été la première engagée comme préposée pour travailler dans ce département à son ouverture» rappelle fièrement cette dame exceptionnelle.

Hôpital

Si ce n’est pour travailler, elle n’avait jamais mis les pieds dans un hôpital avant qu’elle ne se fracture une hanche, l’an dernier. « J’ai vu ma mère couchée pour la première fois ! » indique sa fille Marie-Paule qui partage avec sa mère ce même goût pour rire et s’amuser. « C’est de famille. Quand on se rencontre, on a toujours des histoires à se raconter pour rire » ajoute-t-elle. La musique a toujours fait partie aussi de la vie familiale. On ne s’étonnera pas que quelques-uns de ses petits-enfants sont des musiciens accomplis comme Gabriel Dionne, enseignant au Conservatoire de Rimouski et membre de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire.

Encore aujourd’hui, madame Lavoie Bélanger ne trouve pas le temps de s’ennuyer. « Je lis » souligne cette abonnée du Journal de Québec. « Je joue aux cartes, je joue au Skip-Bo avec deux de mes filles, tous les soirs » poursuit la dame dans son coquet appartement de la Résidence du Saint-Rosaire.

Il lui arrive bien sûr de penser à la mort mais « je ne m’arrête pas à cela, je me change les idées ». Ce qu’elle réussit très bien en demeurant ce qu’elle a toujours été: une femme pleine de vie.

 

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