/sports/others
Navigation
Bourse

On n’impressionne pas Pierre-Luc Thériault

On n’impressionne pas Pierre-Luc Thériault
Photo courtoisie Pierre-Luc Thériault

Coup d'oeil sur cet article

Croyez-vous qu’il soit justifié de qualifier un pongiste d’athlète? Voilà, je vous vois rire d’ici. «Allons bon! Un joueur de ping-pong athlète! Et puis quoi encore?»

Si vous êtes du groupe des non-croyants, c’est que vous connaissez mal le tennis de table. Une seule journée avec Pierre-Luc Thériault, champion de la Coupe d’Amérique du Nord en 2012, et vous aurez tôt fait de rejoindre les fidèles. Six fois champion canadien et, évidemment, membre de l’équipe nationale, Thériault se frotte aux meilleurs du monde depuis qu’il a 15 ans. Et son entraînement est à la hauteur de ses ambitions.

Des balles, encore des balles

Cinq jours d’entraînement par semaine et des exercices, on se l’imagine, extrêmement exigeants. Parmi ceux-ci, les déplacements latéraux. Installé à l’extrémité de la surface de jeu, son instructeur envoie des balles de chaque côté de la table : une balle à gauche, une autre à droite; ce qui oblige Pierre-Luc à faire un double déplacement latéral à chaque balle qu’il reçoit; une par seconde. Donc, une seconde, deux pas de côté à gauche, seconde suivante, deux pas de côté à droite. Pierre-Luc va se taper une dizaine de paniers par entraînement et un panier de balles en contient... 150.

«C’est difficile, mais ça renforce les jambes, ce qui est très important pour ­développer la puissance de mes coups,» explique la star de Saint-Fabien, petite municipalité voisine de Rimouski.

Bravo, mais attention, l’entraînement ne fait que commencer. Notre cinquième candidat au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC, frappera en plus, 250 services, 1500 coups droits et quelque 1500 revers. Bien sûr, la journée ne serait pas complète sans les exercices de conditionnement : course, vélo, redressements et «sauts de crapaud». Voilà, c’est terminé. Maintenant, place aux études, aux travaux scolaires et après le dodo. Demain on recommencera.

Guider par le son

«Les entraînements sont plus exigeants que les matchs, mais ils nous y préparent bien», assure le pongiste de 19 ans qui a intérêt à être bien préparé, car affronter la crème internationale c’est bien différent d’un match de ping-pong à la salle paroissiale.

Lorsqu’on parle de tennis de table international, on fait référence à des balles qui voyagent à tout près de 100 milles à l’heure. Un voyage éclair que la balle effectuera, d’une raquette à l’autre, en 0,11 seconde. Qui plus est, entre le moment où la balle touche la table et la frappe qui suivra, le cerveau n’a que 0,3 seconde pour réagir. Les échanges sont à ce point rapides, plus vites encore qu’un clignement de l’œil, que le pongiste se sert du son pour le guider.

Et que dire des services? Certains atteignent une rotation de 3000 tours minute. C’est deux fois plus rapide qu’une courbe d’un lanceur des ligues majeures de baseball. Impressionnant, n’est-ce pas?

Pierre-Luc, lui, n’est plus impressionné. Depuis le temps qu’il se mesure aux étoiles mondiales. Il n’a que 19 ans et a déjà joué dans 27 pays. À 15 ans, il s’expatriait en Belgique pour affronter les meilleures raquettes d’Europe. Il a même évolué dans des Ligues professionnelles en Belgique et en Allemagne.

Thériault retournera d’ailleurs en Europe, cette fois du 30 décembre au 28 janvier afin de participer à l’Open d’Espagne et à l’Open d’Autriche. Il disputera aussi trois matches dans la Ligue professionnelle d’Allemagne 2e division.

Commentaires