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J’ai gaffé au party de bureau

J’ai gaffé au party de bureau
photo fotolia Les partys de bureau peuvent être riches en émotions et s’il vous arrive de regretter une réaction le lendemain, assumez vos comportements et ne dramatisez surtout pas la situation.

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Tels furent les premiers mots de Stéphane, un jeune professionnel demandant à me rencontrer pratiquement d’urgence. (Le prénom et quelques détails sont fictifs afin de protéger la confidentialité.) Voici son témoignage :

«Pouvez-vous m’aider? Je me suis mis les pieds dans les plats d’aplomb, comme on dit. Je voudrais tellement qu’il n’y ait pas de dégâts, tant pour moi que pour deux femmes, mon épouse et ma patronne, avec qui je veux conserver une bonne relation.

«Je sais que lors d’un party de bureau, une certaine retenue s’impose. Je ne veux pas me trouver d’excuses, mais l’ambiance de fête, l’apéro et le bon vin ont dû contribuer à mon dérapage. Cela s’est passé un jeudi soir, je vous jure que le vendredi matin est venu bien vite...

«D’abord, insomnie, mensonge et je me suis vu entrer au travail en rasant les murs et en regardant le bout de mes souliers», raconte Stéphane.

«En fait, je n’étais pas vraiment ivre, mais disons que je me sentais plus intrépide que d’habitude. Dans le département, tous les gars trouvent la patronne bien séduisante et moi aussi, bien sûr. Pour aller droit au but, après le souper, tout le groupe s’est déplacé dans une discothèque et j’ai dansé avec elle toute la soirée.

«Pour en remettre, et tout mon monde a dû voir la scène, nous avons quitté les lieux main dans la main, à peine discrètement, et nous avons passé le début de la nuit ensemble... Vous devinez la suite. J’ai tellement honte. Vendredi, je n’ai pas osé la regarder et j’ai bien vu qu’elle m’évitait également. Aussi, j’ai remarqué que mes collègues paraissent franchement mal à l’aise.

«Je ne pense pas à démissionner, ce serait une fuite stupide. Je veux rester, mais me sortir de cette affaire au mieux et au plus vite, et éviter des conséquences déplorables.

«Voyez-vous une solution? Je n’ai jamais vécu une situation de ce genre.» 

Il y a toujours une solution

Disons d’abord que c’est une erreur de jugement qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour les deux couples concernés. Cela dit, dédramatisons, tentons d’éviter le pire et que chacun s’en tire avec une bonne leçon. Reste à souhaiter que les deux conjoints n’aient pas vent de l’aventure ou, au pire, qu’ils ne prennent pas la chose trop au sérieux.

Avant de penser à un plan, j’ai encouragé Stéphane à mettre au clair tout ce qu’il ressentait. C’est possible de reconnaître son erreur tout en ne se jugeant pas trop sévèrement. On apprend des choses en gaffant et à quel prix parfois! Stéphane veut réparer le tout et, dans la mesure du possible, effacer l’image que l’on gardera de lui à la suite de cette soirée.

De la honte à l’action

Nous étudions ensemble la situation. Quant à moi, sortir de la honte, se responsabiliser, assumer et agir est la solution. Je lui suggère d’abord de choisir quelques collègues en qui il a confiance et d’ainsi briser le silence. Reconnaître et avouer sa mésaventure soulagera tout le monde, et lui surtout. Il n’a pas à dire son regret à tout un chacun, ils s’en chargeront... Affronter ensuite sa patronne est incontournable : aux grands maux les grands remèdes, disait ma mère. Disons qu’elle aussi s’est mis les pieds dans les plats, cela devrait la mettre plus à l’aise.

Je vois avec Stéphane ce qu’il serait pertinent de dire. Il ne s’agit pas ici d’apprendre un texte selon mes termes, au contraire. Je l’aide donc à préciser ce qu’il veut vraiment communiquer et trouver les mots justes pour le dire.

Échappé belle

Le lendemain soir, il me donne un coup de fil et me dit qu’il a rencontré deux collègues et a été bien reçu. Il est allé au bureau de sa patronne et lui a tout simplement dit qu’il se sent très mal, qu’il voudrait retourner en arrière, qu’il n’aurait pas dû. Elle dit penser la même chose. Il lui demande d’oublier tout ça et d’enchaîner comme d’habitude, elle est d’accord et semble soulagée. Il n’en rajoute pas et quitte son bureau soulagé.

Tel était le plan. Cette semaine, j’ai reçu un courriel de Stéphane, il me dit que tous les deux semblent libérés. «Nous nous saluons normalement et mes collègues collaborent en faisant comme si de rien n’était. Je suis soulagé. Tout semble reprendre son cours normal. J’espère que ma femme ne l’apprendra jamais.»

Ouf! Échappé belle! Enfin, espé­rons...

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