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Montérégie

La SPCA lui ordonne de se débarrasser de plus de 50 chats

Chat
Pierre Langevin/Agence QMI Une dame de Valleyfield recueille et prend soin de plus de 50 chats dans son logement du centre-ville. Une situation qui doit prendre fin selon la SPCA qui lui ordonne se respecter la limite de trois félins.

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Thérèsa* prend soin des chats depuis six ans dans son logement du centre-ville. Ce sont les félins qui l’ont adoptée comme secouriste. Une vocation à temps plein pour celle qui a reçu un avis de la SPCA afin qu’elle se débarrasse d’une cinquantaine de chats d’ici à mercredi.

Thérèsa* prend soin des chats depuis six ans dans son logement de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie. Ce sont les félins qui l’ont adoptée comme secouriste. Une vocation à temps plein pour celle qui a reçu un avis de la SPCA afin qu’elle se débarrasse d’une cinquantaine de chats d’ici à mercredi.

Depuis le mois d’août, la SPCA somme Thérèsa de respecter le règlement municipal 218 qui stipule qu’on ne peut retrouver plus de trois chats par résidence. Des voisins auraient, semble-t-il, déposé des plaintes. Des plaintes dont elle ne connaît pas la provenance.

Le 13 décembre, un avis écrit lui a été envoyé; on lui accordait jusqu’à la fin du mois afin de donner, vendre ou placer une cinquantaine de chats sans quoi, la SPCA viendrait les chercher. «Je veux sauver la cause des chats et des secouristes comme moi», a indiqué la bonne Samaritaine.

Le 3 janvier, un chat venait tout juste de trouver une famille et une bénévole du Refuge pour chats de Verdun venait chercher 10 chats avec l’espoir de leur trouver un foyer. «Parle-moi en pas. Il y a un chat qui est parti tantôt et c’est l’enfer. C’est difficile pour moi, je ne suis pas une usine», a dit l’amie des chats avec le trémolo dans la voix.

Même s’ils sont plus d’une cinquantaine à cohabiter dans le logement, la bénévole reconnaît tous ces chats, qu’elle a d’ailleurs baptisés, ainsi que leur date de naissance.

Bénévole au refuge Cat Lovers/Pour l’amour des chats depuis un an, Thérèsa souhaite mettre en place un système de famille d’accueil afin de contrer la surpopulation de chats à Valleyfield. Pour elle, les journées d’adoption gratuite tenue par la SPCA ne font que reporter le problème.

«J’y suis allée et j’ai vu des gens qui ont décidé d’avoir un chat gratuit et opéré, mais qui n’avait pas de boîte ou de transporteur pour repartir avec l’animal. Trop souvent les chats retournent à la SPCA parce que les gens n’ont pas conscience de ce qu’une adoption implique.»

Elle déplore également qu’il faille payer 25 $ pour leur remettre un chat. «Tu forces les gens à l’abandonner en chargeant 25 $. »

Le chat du destin

C’est le regard attendrissant d’une chatte qui venait d’accoucher qui a donné une vocation à la vie de Thérèsa. Il y a sept ans, la dame au grand cœur avait pourtant le dégoût des chats. Elle les jugeait inutiles en plus de perdre leurs poils et être indépendants.

Le hasard l’a cependant amené à secourir une chatte en train d’accoucher. Six petits minets sont sortis du ventre de la mère. «Elle m’a regardé comme si elle me disait merci. Ensuite, je n’ai pas eu le choix de devenir secouriste, ils se sont mis à faire des bébés», a-t-elle indiqué.

Flattée, Thérèsa a commencé à soigner les chats près de son domicile. Comme elle habite près de trois restaurants, les minets errants ont fait du secteur leur quartier.

Elle a ainsi recueilli jusqu’à une soixantaine de chats. La bénévole les soigne, nourrit et les fait opérer. Justement, elle venait d’en faire stériliser huit. «Je lui ai laissé 230 $ et je lui dois la balance de 370 $. Je n’ai pas fait de cadeau de Noël à mon gars et sa blonde pour faire soigner les chats», a dit la femme, forte émotive.

Vivant déjà dans une situation financière précaire, elle récupère le métal et entasse des objets pour tenir deux ventes-débarras. Son grand cœur pour les chats lui coûte entre 6000 $ et 7000 $ par année. Heureusement, elle bénéficie de rabais et du support du refuge Cat Lovers/Pour l’amour des chats, le plus gros au Québec, qui se situe dans le Haut-Saint-Laurent.

Elle passe l’aspirateur quatre fois, vide les litières à six reprises, remplit les bols de nourriture et d’eau et apporte les soins à chaque jour à ses chats.

«Si je fais ça à partir de chez moi, c’est que je ne peux pas vivre au refuge ou y aller tous les jours», a-t-elle lancé.

Les gens qui désirent adopter un chat peuvent contacter le refuge au 514.773.2287.

*nom fictif

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