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Philippe Marquis

La douleur n’aura pas raison de lui

La douleur n’aura pas raison de lui
Photo courtoisie Philippe Marquis a connu en 2011-2012 sa meilleure saison. Il est classé au quatrième rang mondial.

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Il a subi une luxation de l’épaule en pleine descente et s’est engagé, malgré tout, sur un tremplin qui l’a propulsé à une dizaine de mètres du sol. C’est ce qui s’appelle avoir du caractère.

Et une fois dans les airs, avec une épaule en feu, et sachant très bien la douleur qui l’attendait à l’atterrissage, il a exécuté quand même un saut désaxé avec deux rotations. Alors là vraiment, il ne faut pas avoir froid aux yeux!

Finalement, tel qu’appréhendé, l’atterrissage s’est fait en douleur. Déséquilibré, il a touché le sol avec les mains et à ­l’impact, l’épaule a repris sa place. Ayoye, encore une fois! Mais sans broncher, en athlète fier et solide, il a continué la ­descente jusqu’au fil d’arrivée.

Voilà la belle leçon de courage et de ­détermination qu’a donnée le skieur acrobatique Philippe Marquis en décembre 2010 alors qu’il participait à une épreuve en Coupe de monde en Finlande.

« Oui, j’ai souffert durant cette descente, mais la douleur a été plus vive quelques jours plus tard quand on m’a ­appris qu’on devait m’opérer et que je ­serais une année complète sans faire de compétition,» raconte notre septième candidat au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC.

Le résident de Québec n’avait guère le choix. À cause de chutes répétées, dont certaines très violentes, les ligaments étaient devenus trop fragiles et l’épaule ne tenait plus en place. Alors, le bistouri s’imposait, tout comme l’année de convalescence. « J’en ai profité pour revenir aux sources, » confie Philippe. J’ai donné des conférences. J’ai skié avec des jeunes, mais jamais de bosse ni de saut. J’ai ­coaché aussi dans un camp de ski à Whistler pour des jeunes de 7 à 16 ans; une ­expérience que j’ai beaucoup aimée ».

« Donne le paquet ! »

En effet, belle façon de chasser l’ennui et de chasser l’appréhension du retour, car aussi talentueux soit-il, une année complète à l’écart de la compétition ne peut être sans conséquence. D’autant plus inquiétant que Philippe s’était blessé à nouveau lorsqu’il avait repris l’entraînement. Une vilaine chute avait endommagé une omoplate et obligeait le skieur à porter une attelle ainsi qu’un chandail compresseur. De plus, avant chaque course, il devait se soumettre à des ­traitements de physiothérapie.

C’est donc dans ces conditions que ­Philippe Marquis a repris la compétition en décembre 2011, au même endroit où il l’avait laissée un an auparavant, à Ruka en Finlande. « Mon niveau de stress était élevé, confie le skieur. Je savais que mon absence avait compromis ma place sur l’équipe nationale. Ne pas avoir entendu (le signal) 1, 2, 3, GO, pendant un an, jouait sur ma confiance. Une fois de plus, je ­devais prouver aux dirigeants, et à moi-même que j’avais ma place avec l’élite mondiale. Tout juste avant la descente, je me suis dit : c’est le temps de briller, donne le paquet». Philippe a donné le paquet et s’est classé cinquième. Pas de podium, mais mission accomplie. La star des bosses était de retour, qu’on se le tienne pour dit! Et quel retour! Sur les 13 courses qui ont suivi, il a fait six top 5. «Ce fut une saison exceptionnelle, souligne le skieur classé quatrième au monde par la Fédération internationale. De loin, ma meilleure saison à vie», ajoute celui qui a aussi à son actif quatre podiums en Coupe du monde. Rassuré, on le serait à moins, Philippe amorce l’année 2013 avec de grandes ambitions. L’athlète vise un podium aux Championnats du monde de Norvège en mars, ainsi qu’une place sur l’équipe olympique canadienne, car les sélections pour les jeux de Sotchi débutent cette année.

 

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