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Les paradoxes d’un auteur

Christine, la reine-garçon de Michel Marc Bouchard raconte un destin atypique

La reine-garçon
Photo courtoisie Christine, la reine-garçon met en vedette Céline Bonnier dans le rôle-titre. Catherine Bégin, David Boutin, Éric Bruneau, Louise Cardinal, Jean-François Casabonne, Mathieu Handfield, Robert Lalonde, Magalie Lépine-Blondeau et Gabriel Sabourin font aussi partie de la distribution.

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Après avoir fait fureur à Montréal, la plus récente pièce du dramaturge Michel Marc Bouchard part en tournée et s’arrêtera à Québec, mardi, armée des paradoxes et du destin atypique de la reine Christine de Suède.

L’auteur des Feluettes et des Muses orphelines peut souffler : sa nouvelle production, construite pour la première fois autour d’une figure historique, a reçu un accueil des plus chaleureux lors de sa première mondiale au Théâtre du Nouveau Monde, l’automne dernier.

«L’impact qu’ont eu les représentations à Montréal ont été extraordinaires et très fortes. Le public a bien compris la question du libre arbitre qu’il y a dans la pièce, les choix qu’on a à faire face à soi et aux autres. Même si c’est un drame historique, la pièce a été reçue comme un drame contemporain», se réjouissait l’homme de théâtre, joint plus tôt cette semaine.

Apprivoiser Christine

Christine, la reine-garçon propulse le spectateur en 1649, en Suède, dans l’univers de Christine, cette reine excessive élevée comme un garçon, à la fois laide et séduisante, amoureuse de sa première dame de compagnie, tiraillée entre la rigueur de Luther et le catholicisme, qui reniera sa patrie pour s’exiler à Rome, où elle est aujourd’hui enterrée. Le scénario de la pièce est tiré à même celui du film finlandais Kristina of Sweden − dont la sortie est prévue en 2014 − écrit par Michel Marc Bouchard à la suite d’une commande.

«Je ne la connaissais pas beaucoup, Christine de Suède, au début, et je ne l’aimais pas. Ce n’est pas dans notre tradition d’écrire sur les rois et les reines ici. Encore à notre époque, ça fait un peu Paris Match, explique-t-il. J’ai lu neuf de ses biographies, en plus des ouvrages périphériques et des lectures qu’elle a faites. Ça a été une immersion pendant deux mois dans son univers, pour me faire une tête. Je devais devenir Christine de Suède.»

Mauvais

Après un premier jet qu’il qualifie de «mauvais», Michel Marc Bouchard se ravise et part à la recherche d’une promiscuité avec le personnage. Il tente alors de comprendre l’impact du froid et bouscule la temporalité, histoire de donner vie à un véritable scénario de film. Mais l’idée d’une pièce persiste.

«Durant le processus d’écriture, j’avais un peu l’impression de perdre mon âme en tant que francophone parce que le scénario est constamment traduit en anglais. Je trouvais que c’était une reine vachement lyrique et qu’on perdait un peu ce lyrisme-là au cinéma. Il y avait une matière théâtrale très forte», se souvient le dramaturge.

Céline au projet

Il fait donc appel à Céline Bonnier, à qui il voue un «amour admiratif», dans l’objectif de convertir ses écrits pour le théâtre. Elle deviendra l’héroïne de la proposition. «Elle est embarquée avec un immense enthousiasme. Elle a fait corps avec ce projet, dès le début. Elle parle peu, elle réfléchit beaucoup; c’est une actrice organique.»

Rapidement, le metteur en scène Serge Denoncourt s’est joint au duo, puis de plus en plus de gens ont convergé vers la cuisine de Michel Marc Bouchard, devenue désormais trop petite pour l’ampleur du projet. Petit à petit, Christine, la reine-garçon voyait le jour.

Christine, la reine-garçon est présentée à la salle Albert-Rousseau, le 15 janvier. Avec Céline Bonnier, Catherine Bégin, David Boutin, Éric Bruneau, Louise Cardinal, Jean-François Casabonne, Mathieu Handfield, Robert Lalonde, Magalie Lépine-Blondeau et Gabriel Sabourin.

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