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François Déry

Entêté, passionné, mais aussi très patient

Entêté, passionné, mais aussi très patient
Photo courtoisie François Déry a remporté toutes les courses au national (junior) la saison dernière.

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Le patinage de vitesse ne lui a jamais fait de cadeau. Il lui en fait plutôt baver, et c’est comme ça depuis une quinzaine d’années, soit depuis qu’il a donné ses premiers coups de patin; il avait cinq ans. Bien d’autres auraient tout balancé après seulement deux ou trois ans. Mais pas François Déry : un entêté, un passionné, mais surtout, un grand patient.

François a dû attendre neuf ans avant de savourer sa première victoire. Quand tu es enfant, neuf ans c’est long en maudit. Ça l’est encore plus quand la plupart de tes amis montent sur le podium alors que toi, malgré autant d’efforts, tu arrives tout juste à te classer cinquième.

Mais bon, c’est comme ça. François et le patinage de vitesse vivent un début de relation difficile, mais dans sa grande sages­se, l’athlète originaire de Saint-Jean-Chrysostome, dans la région de Québec, ne s’en formalise pas. Patience et persévérance réussiront bien à changer les choses.

Enfin une victoire

François a eu raison. Les choses ont changé à 14 ans, lorsqu’il est revenu d’un stage de perfectionnement. Trois victoi­res en quatre courses. Du coup, voilà notre huitième candidat au concours Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC tout en joie. Et si maintenant la relation devenait harmonieuse?

Pas si vite! Certes, la relation s’est améliorée. Depuis cette première série de victoires, François Déry est devenu un habitué des podiums, principalement sur les longues distances : 3 000, 5 000 et 1 000 mètres. À titre d’exemple, lors de la saison 2010-2011, l’athlète a mis la main sur quatre médailles aux Jeux du Canada : l’or à la poursuite, l’argent aux 3 000 m et 5 000 m ainsi que le bronze au 1 500 m. Et l’an dernier, à sa dernière saison junior, il a été couronné champion canadien après avoir remporté toutes les courses du niveau national au 3 000 m, 5 000 m et 10 000 m. Un exploit que très peu de patineurs ont réussi avant lui. Après tant d’années de misère, voilà des résultats très réconfortants.

Sotchi ou Pyeongchang

Mais attention! il ne faut pas en conclure pour autant que tout est au beau fixe. Le patinage de vitesse reste ce qu’il est : imprévisible et exigeant. François Déry en a eu la preuve une fois de plus lorsqu’il a pris part au Championnat canadien senior le 4 janvier, à Calgary. En voie de réaliser son meilleur temps à vie au 5 000 mètres, le patineur a été disqualifié parce qu’un patin a touché l’extérieur de son corridor à deux reprises lorsqu’il était en ligne droite. «J’aurais dû faire attention. Quand on mesure 2 m (6 pi 5 po), les jambes en prennent large», plaide François, qui aimerait bien faire l’équipe nationale senior dès cette année. Toutefois, cette disqualification le prive de précieux points.

«Mais j’ai encore une compétition Noram (nord-américaine) et deux Coupes Canada pour me classer», souligne le patineur format géant qui s’entraîne de 25 à 30 heures par semaine afin d’atteindre ses objectifs. «J’ai la ferme conviction que le progrès s’acquiert par l’effort et pas simplement par le talent, explique-t-il. Je suis passionné et persévérant. C’est pour ça que, quelle que soit la situation, je n’abandonne jamais», ajoute Déry. Non, il n’abandonne jamais, même pas lorsqu’il s’agit de séances d’entraînement tôt le matin sur l’anneau de glace extérieur Gaétan-Boucher par -20 °C. Pas plus que les jours de neige, de pluie et même de grêle. Des journées difficiles au cours desquelles réapparaissent de vieux bobos, comme ses tendinites aux genoux et ses spasmes dans le dos. «Je crois que la pire condition, c’est quand il y a du vent, souligne le jeune homme. J’ai l’habitude d’avoir les doigts et les pieds gelés, mais quand il y a du vent, c’est autre chose. On force tout le temps et on n’avance pas», dit- il.

Faut se rendre à l’évidence : le patinage de vitesse ne lui fera jamais de cadeau. C’est comme ça. Mais qu’importe, François Déry ne lâche pas prise. Après l’équipe nationale cette année, il vise les Jeux de Sotchi l’année prochaine. S’il n’y parvient pas? Ce seront ceux de Pyeongchang en 2018, voilà tout!

Le patinage de vitesse n’en a pas fini avec lui...

 

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