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Rémi Pelletier-Roy

De skieur ordinaire à cycliste extraordinaire

De skieur ordinaire à cycliste extraordinaire
Photo courtoisie Rémi Pelletier-Roy a connu une saison extraordinaire avec une vingtaine de podiums.

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L’année 2012 aura été tout à fait exceptionnelle pour le cycliste Rémi Pelletier-Roy. Une saison de rêve au cours de laquelle il est monté plus d’une vingtaine de fois sur le podium, dont une quinzaine de fois sur la plus haute marche.

Membre de l’équipe Garneau-­Québecor, le talentueux cycliste a remporté, au cours de cette incroyable saison, trois championnats canadiens sur piste (omnium, poursuite individuelle et course aux points), ainsi que deux championnats québécois sur route (route et contre-la-montre). Et parmi ses autres faits d’armes, il faut souligner sa victoire au Tour du Rwanda au 4 km individuel et sa deuxième place au Challenge Sprint Pro, un circuit professionnel.

Du ski au vélo

L’athlète de Longueuil représente indéniablement un bel espoir pour le cyclisme canadien. D’ailleurs, le directeur général de la Fédération québécoise des sports ­cyclistes, Louis Barbeau, va même jusqu’à dire que les Jeux olympiques de Rio, en 2016, sont à sa portée.

Si le cyclisme canadien compte dans ses rangs cette star en devenir, c’est bien sûr parce que le jeune homme a un énorme potentiel en vélo, mais c’est aussi parce qu’il en a moins, mais vraiment moins, en ski alpin. En effet, c’est en ski alpin et non en vélo que Rémi Pelletier-Roy voulait faire sa marque. Pendant plus d’une douzaine d’années, il y a consacré temps, énergie et beaucoup d’argent. Mais tout ça en vain. Dès qu’arrivait une compétition, c’était l’échec.

«Pourtant, ça allait bien aux entraînements. Mais aussitôt que j’étais dans une compétition, je n’étais pas l’ombre de moi-même; peut-être le stress?», confie le dixième candidat au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du ­Journal de Montréal/Journal de ­Québec/RBC.

Qu’importent les raisons, les échecs ­répétés éteindront la flamme et ce qui avait été une passion, se transformera en une pénible corvée. «J’aimais tellement le ski que j’arrivais toujours une heure avant les autres et je partais une heure après. Mais là, j’en étais rendu à compter les jours qui restaient à la saison», dit-il.

« Je mangeais mes bas »

Alors, à quoi bon s’entêter quand on est incapable de performer, qu’on s’embête et qu’il en coûte en plus une petite fortune aux parents : quelque 30 000 $ par année. Dans ces conditions, mieux vaut faire sa malle et Rémi décide d’abandonner le ski. «Mais en aucun moment, tient-il à préciser, mes parents ne m’ont mis de pression. La seule condition qu’ils m’ont imposée, c’était d’avoir de bons résultats scolaires. C’est tout!»

Oui, en laissant le ski de côté Rémi s’est senti libéré, mais être inactif pendant une année complète fut difficile pour ce jeune homme habituellement très actif. «Une année sans faire de sport, j’ai trouvé ça long. Je mangeais mes bas. Il fallait que je fasse quelque chose et je me suis mis au vélo», raconte l’étudiant en médecine de l’Université Laval. Rémi a fait le bon choix. Il s’est rapidement ­imposé. À sa première saison, en 2008, il se joint à l’équipe du Québec et l’année suivante, à l’équipe canadienne. En 2010, il ­récolte quatre médailles et neuf en 2011 en plus d’établir un record canadien à la poursuite en équipe lors des Jeux panaméricains. On connaît la suite, 20 podiums en 2012.

Et 2013? «Pour la saison 2013, répond le cycliste de 22 ans, je poursuivrai avec mon équipe actuelle, Garneau-Québecor. J’ai l’objectif aussi d’obtenir au moins un podium lors d’une course sur route de l’Union cycliste internationale et lors des Championnats panaméricains de février, en poursuite individuelle ou omnium. Et à plus long terme, mes yeux sont rivés sur les Jeux olympiques de Rio de 2016.»

Voilà, ce ne sont pas les objectifs qui manquent. Les skis de Rémi vont demeurer rangés encore un bon moment.

 

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