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« Un accident industriel »

Le glissement de terrain aurait été produit par l’activité des ouvriers sur place

« Un accident industriel »
Photo agence qmi, maxime landry Photo aérienne de deux camions de chargement ainsi qu’une pelle mécanique qui ont été emportés hier dans un effondrement de terrain dans la carrière de l’entreprise Maskimo à L’Épiphanie.

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Les causes de l’affaissement de terrain qui s’est produit hier dans la carrière de la compagnie Maskimo relèvent de l’accident industriel, selon plusieurs experts.

Les causes de l’affaissement de terrain qui s’est produit hier dans la carrière de la compagnie Maskimo relèvent de l’accident industriel, selon plusieurs experts.

«Ce sont les opérations d’excavation qui sont à l’origine de la rupture», a déclaré le géologue du ministère de la Sécurité publique, appelé sur les lieux, Denis Robitaille.

Au moment du glissement de terrain, les travailleurs décapaient le roc pour agrandir la carrière. Il semble qu’ils aient atteint une couche d’argile qui s’est liquéfiée, formant un torrent d'argile, a expliqué M. Robitaille en conférence de presse.

«Le climat n’a aucune influence et cela n’a rien à voir avec la roche qui y est exploitée», renchérit le professeur en génie civil de l’École Polytechnique, Jean Lafleur, contacté par le Journal.

«Ce n’est pas un phénomène naturel», assure-t-il. Le fait qu’il y ait des glissements de terrain dans la région est donc très indirectement relié à ce qui s’est produit hier, selon lui.

Amas de terre « assez inhabituel »

En conférence de presse, M. Robitaille a pointé «une surcharge» aux abords de la carrière, un élément qui n’a pas échappé au géologue Michel A. Bouchard de l’Université de Montréal. «Sur les images, on voit une accumulation de matériaux en périphérie de la carrière, d’au moins 10 mètres de haut», indique-t-il.

C’est à cet endroit que les deux camions de chargement et la pelle mécanique se trouvaient avant d’être emportés vers le fond de la fosse par la coulée de boue.

Selon Paul Lefebvre, du ministère de la Sécurité publique, «l'équipe était en train d'enlever le mort-terrain [amas de terre déplacée]. Ils creusaient pour avoir accès au roc.»

«Accumuler du sable ou du gravier est une pratique courante, mais accumuler de l’argile, c’est assez inhabituel», dit M. Bouchard.

La provenance des matériaux entreposés à proximité de la carrière reste à déterminer.

Le groupe Maskimo construction produit et vend des granulats (fragments de roche) et des enrobés bitumineux. Il se pourrait que l’amas de terre soit composé d’un mélange de matériaux servant à fabriquer ces produits.

Soutenir les employés

Toutefois selon Yuane Desfossées, responsable des ressources humaines chez Maskimo, l’heure n’est pas à trouver les causes de l’effondrement, mais plutôt à venir en aide aux employés et aux familles.

«Nous avons mis en place toutes les mesures pour soutenir les employés de Maskimo et du sous-traitant. Nous offrons et offrirons tout le soutien dont auront besoin des familles», a-t-elle soutenu dans un court point de presse.

La CSST au Québec ne répertorie aucun accident mortel similaire à celui qui s’est produit hier à L’Épiphanie.

- Avec la collaboration de Kassandra Martel et d’Anne Caroline Desplanques

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