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Des aînés encore sous le choc, mais heureux

Des aînés encore sous le choc, mais heureux
Photo Anne-Laure Jeanson, Journal de Montréal Les résidents de la Villa Ste-Rose sont contents de se retrouver à La luciole. C’est le cas des Thérèse Latour, Jean-Guy Pelletier et de Jacqueline Belair-Lebeau.

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«Je vous en supplie, mettez-moi mon ­manteau ou ma robe de chambre», imploraient plusieurs dames âgées de la Villa ­ Ste-Rose, au moment d’évacuer leur ­résidence en feu, vendredi soir, à Laval.

«Je vous en supplie, mettez-moi mon ­manteau ou ma robe de chambre», imploraient plusieurs dames âgées de la Villa ­ Ste-Rose, au moment d’évacuer leur ­résidence en feu, vendredi soir, à Laval.

En moins de 10 minutes, les 79 résidents étaient ­dehors sains et saufs, en pantoufle et en pyjama.

«On était quatre pour tous les sortir, on courait partout, raconte la préposée aux bénéficiaires Dany Picard. Y en a une qui ne voulait pas, elle restait accrochée à la rampe. Il a fallu que je la “brasse”».

«À la fin, j’étais plus capable, lorsque les familles sont arrivées, j’ai pleuré», poursuit-elle, épuisée et ­encore sous le choc.

Des voisins ont accueilli quelques résidents chez eux. «Ils nous cherchaient des couvertes et des manteaux, on a été gâtés, reconnaît Jacqueline Massy, 78 ans. Si ça n’avait pas été le feu, ça aurait été agréable.»

Le soir même, plusieurs ont dormi chez leurs ­enfants et une douzaine ont été hébergés à la résidence La Luciole de Fabreville.

« Folle comme un balai »

Hier, l’équipe de la Villa Ste-Rose s’affairait à trouver une place à tous ses résidents, depuis un local de La Luciole.

«Au total, 53 personnes seront installées à La ­Luciole jusqu’en avril. Demain, un étage sera ouvert pour eux, ils seront ensemble et notre équipe continuera à s’occuper d’eux», explique Samira El-Graoui, la directrice générale.

Plusieurs familles étaient encore présentes peu avant l’heure du souper. «On lui a apporté du linge neuf, elle était folle comme un balai, c’était une ­enfant», raconte Lorraine Lebeau en parlant de sa ­maman de 90 ans.

Vendredi, vers 22 h 30, un policier l’a prévenue par téléphone. «Il m’a demandé si j’avais vu les nouvelles, puis il m’a dit que la Villa Ste-Rose avait brûlé et que ma mère était correcte», relate-t-elle.

Comment a-t-elle réagi? Difficile à dire, car Jacqueline Belair-Lebeau souffre de troubles cognitifs et d’Alzheimer. «À un moment, elle se demandait ce qu’elle faisait là. On lui a dit “t’inquiète pas”.»

Aujourd’hui, elle sourit et semble bien se sentir dans ses nouveaux atours et sa nouvelle demeure.

«On a perdu beaucoup de souvenirs et des photos de famille, se désolaient toutefois ses filles, mais on y va au jour le jour. Du moment qu’on s’occupe bien d’elle.»

Des cauchemars

Sylvie Boyer a installé sa mère à la Résidence La Luciole hier. «Elle a dormi chez moi la nuit dernière, mais elle a fait des cauchemars, elle a dormi avec moi et elle a fait pipi. Ce matin, elle voulait aller chercher ses affaires», raconte-t-elle, les traits tirés.

«C’était épouvantable», raconte Thérèse Latour. Les gens tremblaient, il faisait froid et on ne pouvait pas aller dans nos chambres.»

Et l’équipe? «Ah! Ils ont été merveilleux!», poursuit-elle.

«Ce qui m’a fait le plus peur, raconte pour sa part Jacqueline Massy, c’est la sirène des pompiers.» Mais après, elle dit avoir bien dormi dans sa nouvelle ­chambre.

Du renfort

La résidence La Luciole s’est vite mobilisée. «On connaît les propriétaires de la Villa. Ce sont des gens bien. On avait des places libres, ils le savaient», a indiqué la copropriétaire des lieux, Julie Aude.

Inaugurée en août dernier, La Luciole disposait d’un étage encore vacant. «Grâce aux efforts de nos fournisseurs, des meubles seront livrés dans la journée pour l’aménager et accueillir les nouveaux ­résidents.»

À La Villa Ste-Rose, une section nouvellement construite a été préservée des flammes. Les dossiers médicaux des résidents ont pu être récupérés.

Il semblerait que le système de ventilation ait causé l’incendie. Mais l’enquête du Service de sécurité ­incendie de Laval se poursuit.

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