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Dany Laferrière

Livres un jour, livres toujours

Dany Laferrière
Photo les archives, Agence QMI « Je conseille à tout jeune écrivain de lire surtout des classiques, tout en restant attentif à ce qui s’écrit dans son époque. C’est la seule façon de former son goût. Le malheur, c’est qu’on fait trop semblant de lire. On se contente de connaître le sujet. Cela ne suffit pas. Le style est fondamental. » — Dany Laferrière, Journal d’un écrivain en pyjama

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Dans L’art presque perdu de ne rien faire, l’écrivain partageait ses impressions sur la rêverie et la philosophie et recommandait de ralentir, de prendre le temps de vivre. Cette fois, il s’interroge sur ce que nous lisons, ce que nous écrivons et sur l’impact des livres dans la vie de tous les jours.

Dans L’art presque perdu de ne rien faire, l’écrivain partageait ses impressions sur la rêverie et la philosophie et recommandait de ralentir, de prendre le temps de vivre. Cette fois, il s’interroge sur ce que nous lisons, ce que nous écrivons et sur l’impact des livres dans la vie de tous les jours.

En 202 textes courts et inspirants, Dany Laferrière partage ses réflexions sur l’art d’écrire, mais aussi sur celui, indissociable, de l’art de lire. Il explique à l’écrivain amateur comment on lit, comment on rêve, comment on écrit. Quelle est l’importance du temps, du narrateur, du style, des métaphores et des citations. Mais ce n’est pas un cours. C’est un poème, une ode à la littérature. Combien de temps pour l’écrire? «La peine se compte, car on la repousse dans le passé, pas la joie qu’on voudrait toujours présente.»

Conseils pratiques

«Mon neveu m’avait demandé quelques conseils pratiques. J’avais d’abord refusé, alléguant qu’on n’enseigne pas à écrire, car c’est une question de rythme. On l’a ou pas. Puis j’ai pensé que ces chroniques pouvaient l’aider non pas à bien écrire, mais à réfléchir à la question, sur quand ça n’avance pas. La littérature ne se fait pas uniquement quand on écrit. Les étudiants m’envoient de copieux questionnaires et j’ai de moins en moins de temps pour leur répondre», a expliqué Dany Laferrière par courriel, peu avant de s’envoler pour Port-au-Prince.

Il a écrit ce livre «dans la plus folle gaieté», assure-t-il. «Je faisais ce que j’aime le plus : écrire de manière si spontanée que j’ai l’impression d’habiter le moment présent. J’écris ce que j’aime lire : de brèves chroniques où je change constamment de sujet tout en restant dans le cadre de l’écriture. J’ai parfois l’impression de glisser, dans une pirogue, sur une rivière où le paysage change sans que je quitte la rivière.»

Souvenirs et bien plus

Les souvenirs côtoient les réflexions, les mots bienveillants, les idées éclairantes. Ce qui s’est passé il y a longtemps surgit avec une clarté, une luminosité fascinante. Comment fait-il? «Je n’ai pas de passé. Je suis comme l’enfant qui n’arrive pas à mesurer le temps et pour qui un jour n’est pas moins long qu’une vie. Les émotions, chez moi, ne s’épuisent pas avec le temps. Elles gardent leur fraîcheur, car je ne les recherche pas, j’attends qu’elles se manifestent. Ce sont de petites pierres logées dans mon corps, toutes gorgées de souvenirs, qui se diluent au moment où je m’y attends le moins.»

Dany Laferrière a émaillé son texte de petites pensées, comme celles qu’on retrouve dans les fameux petits biscuits chinois. Chacune est un cadeau. «Je me suis dit que chaque lecteur en trouvera au moins une qui le touchera au plus profond. J’aime bien Écrire est une fête intime. J’ai le sentiment d’avoir touché là à une vérité ancienne. J’étais très heureux après avoir écrit cette toute petite phrase. J’ai pensé qu’elle aurait fait sourire Borges.»

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