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Espérance de vie

Sept ans plus vieux en haute-ville

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Photo René Baillargeon

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Même si la région de Québec prospère sur le plan économique, les inégalités sociales persistent, à tel point que l’espérance de vie chez les hommes de la basse-ville est de sept ans de moins que ceux habitant la haute-ville.

L’Agence de la santé et des services sociaux de la capitale nationale a divulgué, jeudi, un rapport saisissant qui révèle l’existence d’importantes inégalités parmi la population.

Alors que la situation de l’emploi est très favorable avec un taux de chômage parmi les plus bas du pays, on apprend que la pauvreté n’est pas un fait marginal dans la région de Québec.

Plusieurs indicateurs de santé ont été analysés pour dresser le portrait de la situation dont celui de l’espérance de vie, qui indique que les hommes de la basse-ville vivent en moyenne sept ans de moins que ceux de la haute-ville. Sur le territoire desservi par le CLSC de Sainte-Foy−Sillery−Laurentien, l’espérance de vie chez les hommes s’élevait à 80,5 ans, en 2004-2008, alors qu’elle était plutôt de 73,4 ans, au CLSC Basse-Ville−Limoilou−Vanier.

Écarts marqués

Environ 10 km séparent ces deux territoires, qui présentent les écarts les plus marqués de longévité chez les hommes.

«Les résidants de la capitale nationale ne sont pas égaux face à la mort», affirme l’auteur du rapport, la Dre Shelley-Rose Hyppolite.

Qui plus est, le taux de mortalité prématurée, c’est-à-dire, avant 75 ans, chez les hommes des territoires défavorisés atteint 2,4 fois le taux observé chez les hommes de milieux favorisés. «On a été saisi par l’ampleur des inégalités sociales qui existent dans la capitale nationale, une région pourtant riche et prospère», a ajouté la Dre Hyppolite.

Chez les femmes, on observe le même constat. En basse-ville, l’espérance de vie était de 79,8 ans, en 2004-2008, alors qu’elle atteignait les 85,5 ans pour les résidantes de la haute-ville.

Coûts considérables

Ces différences s’expliquent, selon Mme Hyppolite, par les conditions de vie matérielles et sociales des individus. En 2010-2011, près de 36 000 personnes de la région ont eu recours au réseau d’aide alimentaire pour se nourrir. «Tous les groupes rencontrés vivent de l’exclusion sociale, qui a un effet sur leur santé», a poursuivi l’auteur.

Selon le directeur régional de santé publique, le Dr François Desbiens, ces inégalités, qui entraînent des coûts sociaux et économiques considérables, sont évitables. Chaque année, l’Agence verse près de 22 millions de dollars pour soutenir les organismes communautaires de la région.

«Ce rapport propose de sortir de nos façons de faire habituelles, car malgré les efforts consentis ces dernières années, les inégalités sociales de santé existent encore», a-t-il ajouté.

Dans son Plan d’action 2009-2015, l’Agence de santé s’est donné comme priorité de vaincre ce fléau.

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