/news/politics
Navigation
Microsoft Canada

Pas d’appel d’offres

Jean St-Gelais a permis au Centre de services partagés de conclure une entente sans passer par le processus normal

Jean St-Gelais
© Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Le plus haut fonctionnaire du gouvernement de Pauline Marois, Jean St-Gelais, a permis au Centre de services partagés du Québec de conclure une entente avec Microsoft Canada sans passer par un processus d’appel d’offres public. Cette pratique a pourtant été dénoncée vivement par le Parti Québécois avant d’être élu au pouvoir.

Selon M. St-Gelais, il était «d’intérêt public» de ne pas effectuer d’appel d’offres. Le Journal a obtenu copie d’une lettre signée par M. St-Gelais, secrétaire général du Conseil exécutif du gouvernement du Québec (CSPQ). Datant du 4 octobre et adressée au directeur du Centre de services partagés du Québec, la lettre précise qu’un «appel d’offres public ne servirait pas l’intérêt public pour l’acquisition de ces logiciels».

Parmi les licences à acquérir via ce contrat de gré à gré, on retrouve entre autres 800 licences Office 2010 et 1400 licences Exchange. Des produits évalués à près de deux millions de dollars selon les experts consultés. Le CSPQ n’a pas été en mesure de répondre aux questions du journal, jeudi.

Le secrétaire général fonde sa décision sur le décret du gouvernement de Jean Charest, datant de 2011, qui permettait au Centre de services partagés du Québec de conclure des contrats sans passer par un processus d’appel d’offres. En grande partie, ce décret visait à assurer la mise à jour des logiciels Windows sur les centaines de milliers de postes informatiques des fonctionnaires du Québec.

Cette décision s’avère cependant étonnante, considérant que le Parti québécois a dénoncé la dépendance de l’État québécois pour Microsoft en plus d’indiquer que la province devait opter pour explorer des solutions moins coûteuses, dont les logiciels libres. C’est ce que rappelle Cyrille Béraud, président de la Fédération québécoise des industries et communautés du libre. Ce dernier est également président de l’entreprise Savoir-Faire Linux, qui, en 2010, a obtenu gain de cause devant les tribunaux, qui ont énoncé l’obligation des organismes publics de passer par un processus d’appel d’offres. Le décret a permis au gouvernement Charest de pouvoir passer outre cette décision du juge, et le gouvernement actuel a appliqué ce décret pour ce contrat avec Microsoft.

Pas de «courage»

«La réalité, c’est que les systèmes informatiques du Québec sont complètement sous l’emprise de multinationales», a regretté M. Béraud, qui estime que l’utilisation de logiciels libres réduirait les dépenses «par dix». «Il faut avoir le courage et le PQ n’a pas ce courage», ajoute celui qui exige une commission d’enquête sur la collusion dans le milieu informatique, en plus de prôner l’exclusivité des logiciels libres au sein de l’administration publique.

La mise à jour des logiciels Microsoft pourrait représenter des dépenses pour l’État de près d’un milliard de dollars. Le lobbyiste réputé de la firme National Martin Daraîche a renouvelé, le 11 janvier, son mandat pour Microsoft Canada.

 

Commentaires