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Sur les traces de Clotaire Rapaille

Le gourou du marketing continue de cumuler les contrats

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PALM BEACH | Trois ans après son retentissant échec à Québec, le gourou du marketing Clotaire Rapaille tire toujours très bien son épingle du jeu, bien que sa crédibilité ait été sévèrement entachée.

PALM BEACH | Trois ans après son retentissant échec à Québec, le gourou du marketing Clotaire Rapaille tire toujours très bien son épingle du jeu, bien que sa crédibilité ait été sévèrement entachée.

C’est ce que révèle une enquête effectuée par Le Journal de Québec, qui a voulu savoir ce qu’il était advenu de ce personnage qui a tant fait jaser lors de son embauche par la Ville de Québec, à l’automne 2009.

Ce dernier n’a en effet jamais redonné signe de vie au Québec après que le maire Régis Labeaume eut mis fin de façon fracassante à son contrat qui visait à refaire l’image de la ville. C’était en mars 2010, il venait d’apprendre que M. Rapaille avait menti à bien des égards dans son curriculum vitæ.

Le consultant avait également créé des remous, quelques semaines auparavant, en déclarant que les gens de Québec se comparaient à des sadomasochistes fiers mais névrosés. M. Rapaille avait empoché à l’époque près d’un quart de million de dollars sur les 300 000 $ prévus dans l’entente, dont 80 000 $ provenaient des coffres de la Ville.

Les résultats du travail qu’il avait amorcé n’ont par ailleurs jamais été communiqués publiquement.

Apprécié

Or le consultant en marketing continue néanmoins d’être adulé à bien des endroits sur la planète. Ainsi, M. Rapaille a prononcé une conférence, fin octobre 2011, au World Forum Knowledge. L’événement a aussi reçu, lors de cette édition, des conférenciers aussi prestigieux que Gordon Brown, ex-premier ministre du Royaume-Uni, Sarah Palin, ancienne gouverneure de l’Alaska, ou Tom Albanese, grand patron de Rio Tinto.

M. Rapaille était également conférencier, l’an dernier, en Turquie, lors d’un forum sur le marketing organisé pour Mediacat, où il a su impressionner.

Impressionnant

«C’est un conférencier brillant (...). Je veux dire, il retient vraiment l’attention sur scène», décrit Hande Vatandost, de Kapital, entreprise basée à Istanbul qui avait organisé sa venue, et qui s’est montré très satisfait du résultat.

Quant aux contrats récents avec des entreprises, M. Rapaille a travaillé avec Alpina Foods. La firme, qui fabrique des produits laitiers et opère en Amérique du Sud et aux États-Unis, lui a accordé un contrat de six mois, à l’automne 2011. L’objectif consistait à guider la compagnie qui souhaitait adopter une approche unique et révolutionnaire.

Culture Code

Joint à Miami, Carlos Ramirez, ex-directeur général de l’entreprise qui l’a recruté, affirme qu’il a fait appel aux services de M. Rapaille après avoir lu The Culture Code, le fameux best-seller qui l’a fait connaître. «J’ai pu utiliser beaucoup son travail, mais si c’était à refaire, je ne ferais que lire son livre et ce serait tout, dit-il. Il est bon lorsqu’il y met du temps, sinon, il ne fait que vous transmettre le matériel qu’il a produit dans le passé et l’adapter.»

M. Ramirez affirme qu’il n’était pas au courant de l’épisode entre M. Rapaille et la Ville de Québec.

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