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Les parasites de l’ASSÉ

Bloc Samson

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L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ne représente que 66 000 des 400 000 étudiants des niveaux collégial et universitaire au Québec, soit quelque 16 % seulement. Cette association extrémiste est marginale, mais elle réussit, comme Québec solidaire, à occuper une couverture médiatique disproportionnée par complaisance.

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ne représente que 66 000 des 400 000 étudiants des niveaux collégial et universitaire au Québec, soit quelque 16 % seulement. Cette association extrémiste est marginale, mais elle réussit, comme Québec solidaire, à occuper une couverture médiatique disproportionnée par complaisance.

L’ASSÉ est une fumisterie dans son appellation même. Il n’y a pas de syndicats d’étudiants au Québec et encore moins de fédération syndicale étudiante reconnue. Les dirigeants de l’ASSÉ jouent aux syndicalistes radicaux qui revendiquent pour des conditions de travail, alors que les étudiants sont des prestataires de services... et de prêts.

Un commentaire dans ma chronique d’hier sur la lie de la clientèle universitaire que l’ASSÉ abriterait, inscrite à des facultés et départements qui décernent des diplômes ne menant à rien, a beaucoup fait réagir. Regardons-y de plus près.

Des «lologues»

Les associations étudiantes affiliées à l’ASSÉ, que ce soit à l’Université de Montréal, à Laval, à l’UQAM, sont celles des étudiants en anthropologie, sociologie, sciences politiques, philosophie, histoire, littérature et langues, arts visuels, théâtre...

Pas un seul étudiant en médecine, pharmacie, sciences dentaires, droit, sciences et génie, administration...

Plus pragmatiques, ces derniers sont pressés de décrocher leur diplôme et d’intégrer les rangs de leur profession. Ils ont voté contre le boycott des cours en 2012, ce qui leur a valu le mépris des supposés penseurs des facultés de «lologues» qui ont pris la rue.

Or, ces supposés penseurs sont inscrits aux facultés où les critères d’admission, la fameuse cote R, sont les plus bas. Un trimestre ou une année perdue à jouer aux anarchistes n’ont pas les mêmes conséquences pour un étudiant en anthropologie ou en philosophie, qu’en médecine, en droit ou en génie. Le premier a plus de chances de devenir, aux frais de la société, chauffeur de taxi, critique social à la Rogatien dans Taxi-22, ou serveur dans un bistrot branché du Plateau, qu’anthropologue pratiquant.

Je ne détiens pas de statistiques, mais je suis assuré d’instinct que les plus mauvais payeurs pour le remboursement des prêts étudiants sont également des ex-étudiants de ces facultés et départements où sont concentrés les membres de l’ASSÉ. Quoi de mieux alors que la totale gratuité à l’université pour y poursuivre le végétarisme développé dans les agoras des cégeps pendant les quatre, cinq ou six ans qu’il leur a fallu pour terminer un cours collégial de deux ans.

Les parasites

La plupart des principaux leaders étudiants et gauchistes du demi-siècle dernier, qui ont bâti le mouvement étudiant, suivaient un curriculum exigeant.

Bernard Landry, cofondateur de l’Union générale des étudiants du Québec (UGEQ), est diplômé en droit et en économie. Il a étudié à Paris. Pierre Marois a aussi étudié en droit à Montréal et au niveau du doctorat à Paris.

Même un Alain Dubuc, ex-directeur de l’éditorial à La Presse, militant trotskiste pendant ses études universitaires, devenu chantre du capitalisme à la Power Corp., détient une maîtrise en économie. Claude Charron et Louise Harel sont certes passés respectivement par les sciences politiques et la sociologie. Charron a toutefois terminé une maîtrise et Harel a ajouté une licence en droit et un Barreau.

Les leaders étudiants qui ont bâti le mouvement étudiant au Québec et que j’ai appuyés étaient de véritables étudiants, à plein temps, qui visaient à participer activement au développement du Québec moderne. Ils ne cherchaient pas à en être les parasites patentés, comme les dirigeants de l’ASSÉ.

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