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UPAC | Corruption

Jean Doré a refusé une enveloppe

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Photo courtoisie L'Unité permanente anticorruption (UPAC) a mené mardi une série de perquisitions visant l’administration municipale de Montréal.

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Il est temps que les gens honnêtes s’affichent, selon l’ancien maire de Montréal, Jean Doré.

«Je n’en connais pas personnellement, mais ce ne serait pas bête de le dire [qu’on a refusé une enveloppe brune], car ce n’est pas tout le milieu politique qui est corrompu», déclare M. Doré, 39e maire de Montréal de 1986 à 1994.

«Pour ma part, j’ai toujours mis mon éthique personnelle et mon éthique professionnelle au service des citoyens.»

Hier, M. Doré a révélé qu’on lui avait offert une enveloppe remplie de billets de 100 $ lors d’une assemblée publique, deux semaines avant le scrutin municipal de 1986.

«J’ai dit ‘’Non, ça ne m’intéresse pas’’. Une fois mon message passé, je savais que des fonctionnaires allaient être sollicités. Il y aura toujours du monde pour tenter de corrompre des élus.»

Une ville mieux outillée

Mais Jean Doré «ne faisait pas de la politique les deux mains attachées dans le dos».

La Ville de Montréal dépense trop d’argent auprès de firmes privées. C’est de là que viennent tous les maux, pense l’ex-premier magistrat de la métropole.

«Ça crée une fausse économie et ça coûte plus cher aux citoyens», déclare-t-il, ajoutant que la ville doit être mieux outillée pour prendre des décisions.

Même si elle octroie des milliers de contrats par année, il faut essayer de le faire de la façon la plus correcte possible, dit-il.

Pour cela, davantage de contrats, même ceux octroyés pour des services professionnels, doivent être soumis au système d’appels d’offres.

«Il faut aussi organiser des vérifications périodiques par le secrétaire général et par le vérificateur général. Changer de jury régulièrement permet aussi d’éviter que de la collusion s’installe.»

M. Doré dit n’avoir jamais promis de contrats. «Je promettais de la concurrence.»

Des gens à risque

Durant ses deux mandats à la mairie de Montréal, cet avocat admet avoir invité des gens «à quitter» l’administration municipale.

«Je me souviens l’avoir fait pour des gens à risque [facilement corruptibles], qui avaient de grosses dettes d’argent.»

Il y a peu, la Ville s’est dotée d’une Escouade de protection de l'intégrité municipale (EPIM).

«C’est bien, déclare M. Doré, mais tout ça arrive trop tard.»

«Le Parti libéral du Québec a trop attendu avant de mettre sur pied la commission Charbonneau. Peut-être allons-nous découvrir des choses bientôt», note l’ancien attaché de presse de René Lévesque durant la campagne électorale de 1970 et en 1971.

M. Doré occupe depuis 2005 un poste à la direction de la Caisse Desjardins.

 

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