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Éducation supérieure

Duchesne prépare des réformes

Québec veut rendre l’université plus accessible et modifier son mode de financement

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Le gouvernement proposera trois scénarios d’indexation des droits de scolarité à l’université au Sommet sur l’enseignement supérieur, à Montréal.

Les scénarios évoqués par l’économiste Pierre Fortin seront sur la table, confirme le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Indexation de 3,5 % par année suivant le coût par étudiant; de 3 % selon la croissance du revenu des ménages; ou de 2 % selon l’inflation. «Ce sont des scénarios très intéressants», confirme M. Duchesne. Les frais afférents pourraient être réduits, a confié une source gouvernementale.

Québec proposera aussi de bonifier le régime de prêts et bourses, notamment en abaissant le seuil de contribution parentale. La bonification instaurée par le gouvernement Charest sera annulée au terme de l’année en cours et le gouvernement Marois en proposera une nouvelle. Pour Pierre Duchesne, le Sommet qui se tiendra les 25 et 26 février consistera d’abord à clore la crise du «printemps érable», puis à enclencher des réformes dans le réseau universitaire. «Les Québécois nous demandent de régler cette crise-là, de faire baisser la pression», dit-il en entrevue.

La formule de financement des universités en fonction du nombre d’étudiants sera révisée. «Dans les universités, la classe favorisée est surreprésentée», dit-il. Le réseau de l’Université du Québec, qui accueille une forte proportion d’étudiants de première génération, pourrait recevoir plus d’argent.

Le gouvernement estime que ces diplômés seront plus susceptibles d’envoyer leurs enfants aux études. «Nous, au Québec, on veut des diplômés de première génération, c’est-à-dire des étudiants qui viennent de familles où il n’y a pas de diplômés universitaires. Dans certaines universités, 70 % des diplômés sont de première génération (...). On peut moduler le financement en tenant compte de certains critères socio-économiques qu’on trouve importants», explique-t-il.

Avantages

De même, Québec pourrait réserver certains avantages aux universités qui accueillent des étudiants étrangers disposés à demeurer au Québec. «Si les étudiants étrangers viennent étudier ici en médecine et que ça leur coûte pas mal moins cher que dans leur pays (...), les Québécois aimeraient garder les médecins qu’on a formés. On pourrait lier une partie du financement au pourcentage de rétention des diplômés», expose M. Duchesne.

Les universités qui amélioreront leur taux de diplomation pourraient recevoir un meilleur financement, poursuit le ministre.

Aux étudiants qui sont campés sur la gratuité (ASSÉ) ou réclament le gel des droits de scolarité (FEUQ), M. Duchesne signale qu’ils ont réalisé plusieurs gains depuis le printemps 2012: «Ils n’ont plus la hausse de 82 %, ils n’ont plus la loi 78 qui leur enlevait leur droit d’association, c’est déjà beaucoup (...). Une chose a changé depuis l’an dernier, il n’y a plus de front commun».

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