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Coupes à l’aide sociale

Manifestation devant les bureaux de la ministre Maltais

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Une quarantaine de personnes ont manifesté lundi matin contre les changements à venir aux prestations d'aide sociale devant le bureau de circonscription de la ministre du Travail et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais.

À partir du 1er juin prochain, les ménages composés de deux parents et d'un enfant de moins de cinq ans et les personnes âgées de 55 à 58 ans vont se voir graduellement retirer une allocation de 129 $ par mois. En retour, ces personnes pourront cependant recevoir une allocation de 195 $ si elles adhèrent à un programme de recherche d'emploi.

Mais, pour les manifestants, tout cela risque de se traduire par les plus importantes coupes budgétaires de ces dix dernières années. Ils se demandent également ce qui va arriver aux prestataires qui n'auront pas trouvé d'emploi.

Mme Maltais «veut que les gens retournent vers l'emploi, mais c'est important de prendre le temps de regarder ce qui se passe, a dit Marielle Bouchard, du Regroupement des femmes sans emploi du Nord du Québec. Les gens qui sont en situation de pauvreté, qui sont à l'aide sociale, doivent d'abord répondre à leurs besoins de base avant de retourner vers l'emploi. Et Agnès Maltais le sait : elle a les études en main.»

«Un coup que le loyer est payé, on n'a plus d'argent pour, par exemple, faire des photocopies pour retourner sur le marché du travail, a ajouté Monique Toutant, prestataire de l'aide sociale. C'est ce qu'on nous demande tout le temps, de retourner sur le marché du travail. Mais, quand tu es en instinct de survie, tu n'as pas la force nécessaire pour retourner sur le marché du travail et, avec 604 $ par mois, c'est inacceptable.»

«Manque de respect»

Amélie Châteauneuf, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec a pour sa part souligné le manque de communication entre la ministre et les organismes d'aide.

«Il y a un groupe qui a rencontré la ministre le jour même, on ne nous a rien dit, et le mercredi, c'était publié dans la gazette officielle. C'est un manque de respect le plus élémentaire de ne pas aviser les personnes concernées», a-t-elle déploré en entrevue à TVA Nouvelles.

Agnès Maltais a dû, encore une fois, se défendre de vouloir procéder à ces coupes pour réaliser des économies sur le dos des assistés sociaux.

«Il y a des gens qui sont sur l'aide sociale depuis trop longtemps et qui ne sont pas employables, c'est sur ce bout là qu'on peut travailler ensemble avant de procéder au règlement. C'est ce que j'appelle ne pas en échapper», a-t-elle indiqué.

Du côté de la Coalition avenir Québec, on accuse la ministre d'agir comme le premier ministre du Canada, Stephen Harper, dans le dossier de l'assurance-emploi.

«Quand vous changez la vie du monde de façon aussi directe que ça, vous avez le devoir moral politique de vous expliquer devant la population et pas de faire ça à la sauvette comme ils l'ont fait», a dénoncé le leader parlementaire de la CAQ, Gérard Deltell.

Dimanche, la ministre Maltais avait ouvert la porte à des assouplissements qu'elle pourrait apporter d'ici 45 jours, avant que les mesures n'entrent en vigueur, le 1er juin.

Ces compressions devraient permettre au Conseil du Trésor de récupérer 20 millions $.

 

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