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Procès | Magnotta

Cirque médiatique en vue

luka rocco magnotta
Photo Archives / Agence QMI Luka Rocco Magnotta

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Le palais de justice de Montréal risque de se transformer en cirque médiatique, lundi, pour l'ouverture de l'enquête préliminaire de celui que les médias européens ont surnommé le « dépeceur de Montréal », Luka Rocco Magnotta.

Depuis plusieurs semaines, c'est le branle-bas de combat au palais de justice, où l’on se prépare à accueillir des médias du monde entier pour ce qui sera sans doute l'événement médiatique de l'année, dans le bâtiment de la rue Notre-Dame.

Magnotta, arrêté le 4 juin à Berlin, est accusé notamment du meurtre prémédité de l’étudiant chinois Jun Lin survenu en mai dernier, d’outrage à un cadavre et de production et distribution de matériel ­obscène.

«On s’attend à une couverture internationale de ce dossier, à cause du caractère très sordide de l’affaire et parce que l’accusé a été arrêté en Europe», indique Me René Verret, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Des médias français, allemands, anglais et américains ont appelé le DPCP pour obtenir de l’information et tenter de réserver leur place. Et c’est sans compter les ­médias canadiens.

En zone sécurisée

La salle disponible pour accueillir l’enquête préliminaire, qui ­devrait durer 4 semaines, ne contient que 16 places.

La magistrature n’avait pas beaucoup de choix, explique Christian Sirois, directeur des services judiciaires pénaux et des tribunaux spécialisés.

«Le ministère de la Sécurité ­publique nous a suggéré de placer l’audience dans la zone sécurisée séparée du reste par une arche et des vitres.»

Les personnes désirant assister à l’audience devront passer sous un détecteur de métaux et montrer le contenu de leur sac.

«Des constables seront autour, principalement pour gérer le trafic des journalistes», ajoute Christian Sirois.

Salle de débordement

Afin de pallier le manque d’espace, une salle de débordement d’une cinquantaine de places permettra de suivre les audiences sur un écran vidéo.

Dans la salle, neuf places seront réservées aux médias qui devront se placer autour de deux tables généralement destinées aux avocats de la défense. Les 16 places dans le public seront pour la famille et les avocats.

«Ce sera premier arrivé, premier servi», prévient Me Pauline Poisson, adjointe à la directrice du palais de justice.

Les points de presse se dérouleront dans la grande salle des pas perdus, au troisième étage.

Parmi les agences de presse présentes, l’Agence France Presse ­basée à Montréal dépêchera un ­vidéaste, un photographe et un journaliste. «Si on ne couvrait pas ça, on aurait des critiques de nos clients», a déclaré le chef de ­bureau, Michel Viatteau.

L’engouement international pour cette affaire est évident, selon la journaliste suisse Cathy Macherel.

«Elle a atteint le sommet de l’horreur. Si un réalisateur en avait fait un film, on aurait dit qu’il en faisait trop.»

«Avec Internet, tout le monde a suivi le feuilleton comme si ça s’était passé près de chez eux.»

L’avocat torontois de l’accusé, Me Luc Leclair, plaidera une requête pour que toute l'enquête se tienne à huis clos, excluant ainsi le public et les médias.

Une demande qui sera vraisemblablement contestée (voir autre texte).

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