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Un luthier bien installé

Le plus grand atelier du Canada ouvre ses portes à Chicoutimi

Atelier luthier Chicoutimi
Photo Élizabeth Dupont, Agence QMI L’espace dont bénéficie Yvon Robert dans son nouvel atelier est impressionnant.

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Lorsqu’on pénètre dans le nouvel espace du luthier Yvon Robert, sur la rue Racine à Chicoutimi, l’odeur du bois est omniprésente, comme on pourrait s’y attendre. Ce qui surprend, c’est plutôt l’espace dont bénéficie l’artiste dans son atelier, qu’il dit être le plus grand du Canada.

Lorsqu’on pénètre dans le nouvel espace du luthier Yvon Robert, sur la rue Racine à Chicoutimi, l’odeur du bois est omniprésente, comme on pourrait s’y attendre. Ce qui surprend, c’est plutôt l’espace dont bénéficie l’artiste dans son atelier, qu’il dit être le plus grand du Canada.

«C’est mon huitième atelier en carrière et c’est aussi le plus grand. Je ne pense pas que personne d’autre au Canada au moins ait la chance d’avoir autant d’espace pour exercer ce métier. Si nous étions en Europe, il y aurait au moins 15 luthiers dans un si grand atelier», affirme-t-il en jetant un coup d’œil dans la pièce.

Luthier, sculpteur, ébéniste et depuis peu archetier, Yvon Robert est un artiste accompli, dont la réputation dépasse largement les frontières de la région. Les instruments qu’il a créés, principalement des guitares, se retrouvent aujourd’hui aux quatre coins du monde. Il est également connu par les musiciens québécois, qui font escale au Saguenay.

Né d’une troisième génération d’artisans du bois, il est toutefois le seul à avoir eu l’audace de se lancer dans un métier aussi particulier. Après des études à l’École nationale du meuble de Victoriaville en 1971, il a su parfaire sa formation grâce à de nombreux stages et bourses qui lui ont permis d’apprendre avec les grands maîtres du domaine, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

Talentueux, précis et discipliné, des qualités qui, selon lui, sont essentielles dans le métier de luthier, il se qualifie toutefois de marginal. «Souvent, ceux qui font mon métier veulent tout garder secret et ne pas trop en parler. Leur atelier n’est pas accessible au public et ils ne veulent rien montrer. Pour moi, c’est tout le contraire. Je me bats sans cesse contre les secrets et le snobisme qui entourent ce métier.»

En fait, Yvon Robert avait besoin d’un plus grand atelier puisqu’il enseigne aussi la conception des guitares et la sculpture.

L’artiste ne compte plus les heures passées dans son espace, où il a commencé à s’installer en octobre dernier.

«C’est exigeant parce qu’il faut être discipliné. Ici, c’est comme l’urgence d’un hôpital. Je dois réparer rapidement les plus petites fractures des instruments qui sont utilisés très souvent. Les plus gros bris attendent alors, et les commandes de fabrication se retrouvent en troisième position. Il faut gérer tout cela.»

Œuvres d’art

«Un arbre de même essence qui pousse à une telle altitude n’aura pas la même sonorité qu’un autre qui pousse plus en hauteur. Lorsque quelqu’un me passe une commande, je sais ce qu’il lui faut, avec quel bois j’y arriverai et quel son l’instrument aura. Tout est très technique et calculé précisément», explique-t-il.

Son œuvre maîtresse est sans doute la stick-harp créée sur mesure pour le musicien Naki, en 1986. Cet instrument imposant est en fait un audacieux alliage d’une harpe et d’une guitare.

L’atelier de M. Robert est situé à l’angle des rues Racine et Salaberry, à Chicoutimi.

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