/sports/others
Navigation
Mèryem Labadi

Une revanche à prendre

Une revanche à prendre
photo courtoisie La Fédération de la patinage de vitesse du Québec a décerné le titre de relève féminine longue piste à Mèryem Labidi lors de la saison 2011-2012.

Coup d'oeil sur cet article

Après des années et des années d’entraînement, elle y arrivait enfin. C’était en mars 2012 à Obihiro, au Japon. Mèryem Labadi, notre 16e candidate au concours des Bourses d’études jeunes athlètes du Journal de Montréal/Journal de Québec/RBC, était sur la ligne de départ de la plus importante compétition de l’année en patinage de vitesse : les Championnats du monde (junior).

Depuis le temps qu’elle rêvait d’affronter les meilleures du monde, elle était maintenant servie; et plutôt deux fois qu’une. Non seulement était-ce sa toute première expérience en compétition internationale, mais elle devait affronter en plus, et dès le départ, l’une des favorites, la Sud-Coréenne, Hyun-Yung Kim.

Déception

«J’étais déjà impressionnée d’être là, imaginez ma réaction lorsque j’ai su contre qui je devais patiner! Au début, je croyais que c’était une blague», confie Mèryem.

Mais non, ça n’avait rien d’une blague et son entraîneur, Gregor Jelonek, sans doute pour l’encourager, lui a dit : «Tant qu’à être ici, aussi bien affronter les meilleures, non?» En effet, aussi bien se mesurer à ces grandes stars mondiales dès maintenant et c’est dans cet état d’esprit que Mèryem s‘est présentée au départ.

«Quand j’ai pris place à la ligne de départ, je regardais autour de moi et j’avais du mal à croire que j’étais rendue là. J’avais vraiment hâte que ça commence», se souvient la patineuse de Québec.

L’excitation n’aura duré qu’un court moment. La réputation de la Sud-Coréenne n’avait rien de surfaite et lorsque le signal fut donné, elle est partie comme une balle. Mèryem n’a jamais été en mesure de la rejoindre, étant même battue de deux secondes, ce qui est beaucoup pour un 500 m. Ce ne fut guère mieux le lendemain au 1000 m. D’ailleurs, Mèryem terminera la compétition très loin de ses objectifs : 20e au 500 m et 32e au 1000 m.

«J’ai été vraiment insatisfaite de mes résul­tats et ça m’a trotté dans la tête un bon moment, affirme la jeune athlète de 20 ans. Je m’attendais à beaucoup mieux.»

On comprend facilement sa déception, car ses performances des deux dernières années avaient fait grimper son niveau de confiance de plusieurs échelons. Un mois avant les Championnats du monde, Mèryem avait remporté quatre médailles de bronze et une d‘argent au Championnat canadien de Saskatoon. En décembre 2011, à la Coupe Canada, l’athlète avait raflé l’argent au 1000 m et au 1500 m. Quelques mois plus tôt, aux Jeux du Canada, elle avait mis la main sur l’argent à la poursuite. Tous ces exploits ont été salués ensuite par différents organismes, ce qui ajoutait encore à sa confiance : athlète relève féminine longue piste, par la Fédération de patinage de vitesse du Québec; athlète par excellence au Cégep de Sainte-Foy; nomination – athlète féminine nationale – au Gala Victoris Desjardins.

La revanche

Mais même s’il lui est arrivé de bien belles choses dans le sport au cours des deux dernières années, le passé n’est pas garant de l’avenir et Mèryem l’a tristement réalisé à Obihiro. Ce qui est encore plus navrant pour elle, c’est qu’il s’agissait de sa dernière année junior. Mais qu’importe, l’athlète de Québec souhaite de tout cœur retourner à ces championnats et prendre sa revanche chez les seniors. Toutefois, la procédure de sélection pour les Championnats du monde dans la catégorie senior est plus exigeante. Il lui faudra faire l’équipe nationale. «Pour y arriver, je dois me classer au moins dans le top 6 aux 500 , 1000, 1500 ou 3000 mètres. C’est difficile», indique-t-elle.

Difficile, certes, mais la patineuse n’en est pas à une difficulté près.

Celle qui a commencé à patiner à huit ans a dû attendre six années avant de savourer une première victoire. Six ans à voir ses amis performer alors qu’elle, course après course, avait un mal fou à se classer, dans le meilleur des cas, en milieu de peloton.

Combien de fois aussi a-t-elle entendu des entraîneurs lui suggérer sans ménagement d’abandonner le patinage et de faire un autre sport, car «elle n’était pas bonne»? Jamais le fun à entendre ce genre de chose, surtout quand on est enfant.

Mèryem a passé outre à tout ça et est devenue aujourd’hui l’une des meilleures patineuses canadiennes. Alors, ces difficultés qui se dressent maintenant entre elle et les Championnats du monde senior sont loin de la décourager. Une épreuve de plus, voilà tout. «Et j’ai l’impression que j’y suis presque», dit Mèryem.

 

Commentaires