/news/currentevents
Navigation

Tannée des gens qui partent sans payer

Tannée des gens qui partent sans payer
photo Le journal de montréal, anne-laure jeanson Carmen, serveuse de nuit au restaurant Le Rapido, en a assez de conserver les cartes des clients qui ne reviennent jamais payer.

Coup d'oeil sur cet article

La serveuse d’un restaurant du Plateau en a ras-le-bol de collectionner les cartes de crédit et les cartes d’assurance maladie des clients qui ne reviennent jamais la payer.

Carmen travaille de nuit depuis 23 ans au Rapido, situé à l’angle de l’avenue Mont-Royal et de la rue Saint-Denis.

Il y a quelques semaines, elle en a eu assez de conserver des cartes que personne ne revenait chercher. Les gens les laissent en gage avant de revenir payer, mais ils ne reviennent pas. «Ils la cancellent et en reçoivent une autre après cinq jours», peste la serveuse, qui jure de ne plus se faire avoir.

Désormais, entre minuit et 5 h du matin, elle demande à ses clients de la payer avant d’être servis. Carmen est seule en salle. «Je n’ai pas le choix, il y a trop de gens qui s’en allaient par la porte de derrière.», explique-t-elle. Chaque semaine, la nuit, deux ou trois clients s’en allaient sans payer.

De tous les âges

Les gens qui font ça sont habitués, pense la serveuse, qui ­remarque qu’il n’y a pas d’âge pour «manger gratis sur le dos des gens qui travaillent».

«Une fois, c’était un couple dans la quarantaine, il est venu au bar et m’a dit excuse-moi, j’ai oublié mon portefeuille.»

«Il y a un autre monsieur qui ­vivait rue Mont-Royal, ça faisait huit ans que je ne l’avais pas vu. Quand il est revenu, je lui ai dit “tu me dois 70 $”. Je m’en souvenais, c’est moi qui avais payé sa facture!» ­s’exclame Carmen.

Il y a même une fille qui travaille à Hydro-Québec. «J’ai pogné son numéro de licence, elle habite rue Berri. C’est pas gentil, ça», dit la serveuse.

Il y aussi ce col bleu qu’elle a reconnu dans la rue. «Je lui ai dit : “Ça te tenterait de me payer?” Il a répondu : “C’est pas moi.” J’ai dit : “Si, c’est toi, la caméra du restaurant t’a filmé!”»

Avant, ce n’était pas comme ça, selon elle. «À c’t’heure, même le gouvernement vole», dit-elle.

Le restaurant La Banquise a adopté cette façon de faire il y a quatre ans «pour éviter les petits vols», a indiqué une employée.

 

Commentaires