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Centre jeunesse

Des filles qui fuguent facilement

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La semaine dernière, Enfant-Retour Québec a enregistré huit nouvelles fugues de jeunes filles, un chiffre qui les inquiète au plus haut point.

La semaine dernière, Enfant-Retour Québec a enregistré huit nouvelles fugues de jeunes filles, un chiffre qui les inquiète au plus haut point.

«Plus ces jeunes passent du temps loin de la maison, plus les risques d’agressions et d’exploitation sexuelle augmentent», affirme Pina Arcamone, présidente d’Enfant-Retour Québec.

Enfant-Retour demande donc au public d’être vigilant. Depuis le début de l’année, 15 adolescentes de 13 à 17 ans ont fui leur domicile au Québec. Parmi elles, cinq manquent toujours à l’appel.

Au total, 20% des adolescentes en fugue ont été exploitées sexuellement, selon les statistiques de l’organisme.

«Un homme se présente comme leur sauveur dans le but de les amadouer, une fois la confiance établie, il leur demande de se prostituer, de servir d’escorte ou de travailler dans un bar de danseuse», raconte Mme Arcamone. Selon elle, le public doit comprendre qu’une fugue n’est pas une partie de plaisir. «C’est un symptôme, un signal pour dire “je ne vais pas bien”.»

Sur les 93 fugueurs enregistrés depuis deux ans, 54 % vivaient dans des centres jeunesse. «Qu’est-ce que le jeune fuit? Est-ce qu’on répond suffisamment à leurs besoins affectifs dans les centres? En tant que société, on a une réflexion à faire», dit Mme Arcamone. Souvent, ces adolescents disent qu’ils ne sont pas plus écoutés au centre qu’à la maison. «Ils se sentent comme en prison.»

Une jeune de retour

Hier matin, la maman de Marie-Pierre Drouin-Ulysse, 14 ans, disparue depuis le 14 février, est allée retrouver sa fille à un coin de rue du domicile familial, à Saint-Michel.

«Elle a l’air correcte, elle ne parle pas», dit Mme Drouin.

L’adolescente vivait au centre jeunesse Dominique-Savio, à Montréal, parce qu’elle rentrait trop tard le soir.

«J’avais peur pour elle. À 13 ans, elle aurait pu se faire prendre par les gangs de rue. J’ai demandé de l’aide, je voulais qu’elle comprenne qu’elle se mettait en danger.»

Mais les choses ne se sont pas bien passées au centre jeunesse. Selon la jeune fille, qui devait sortir le 12 mars, on lui aurait dit «tu ne sortiras jamais, t’es pas capable, tu peux rien faire».

Lorsqu’elle a retrouvé sa fille, Caroline Drouin l’a emmenée au poste de police.

«Lorsque le policier m’a appelée, je pleurais, il a été super, il lui a parlé comme si c’était sa fille.»

Marie-Pierre Drouin-Ulysse a dit qu’elle avait d’abord habité chez une amie, puis chez la cousine de cette amie qui a un bébé, avant de vouloir rentrer.

«Je suis très heureuse, je ne dormais plus, je ne mangeais plus depuis un mois et deux jours», indique Mme Drouin.

Toujours en fuite

Cinq jeunes filles ont elles aussi fugué de leur centre jeunesse.

Élizabeth Béjarano-Lucero, 16 ans, a disparu le 23 juillet à Laval; Marie-Pier Lacas, 17 ans, n’a pas donné signe de vie depuis le 31 janvier à Joliette; Maryane Drolet, 16 ans, n’a pas été vue depuis le 3 février à Montréal; Aisha Savoie, 15 ans, a disparu le 6 février à Laval; Roxanne Godbout-Bernier, 16 ans, a disparu le 24 février à Québec.

Pendant ce temps, leurs familles vivent dans une profonde inquiétude.

 

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