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« Le théâtre en danger »

Le comédien Benoît Brière lance un cri d’alarme

Benoît Brière
© les archives Agence QMI Pour Benoît Brière, la grande aventure de La cage aux folles se terminera par des représentations du 4 au 6 avril, à la salle Albert-Rousseau.

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«Le théâtre est en danger; c’est catastrophique», pousse en cri d’alarme, le comédien et producteur Benoît Brière, qui parvient tout juste à faire ses frais en montant des spectacles à succès comme La cage aux folles.

«C’est rendu que lorsque je monte un spectacle, j’espère tout au plus qu’il ne sera pas déficitaire, et cela même s’il connaît un grand succès populaire», déplore au Journal de Québec l’homme de théâtre, en ne cachant pas qu’il lui arrive de puiser dans les réserves publicitaires de Monsieur B, en référence à son lucratif rôle de porte-parole de Bell durant 14 ans.

C’est sa passion qui l’anime et qui l’amène à persévérer comme directeur artistique – depuis six ans – du Théâtre du Vieux-Terrebonne. Il vient de s’adjoindre deux nouveaux associés, les comédiens Martin Drainville et Luc Guérin, avec lesquels il partage maintenant les risques.

Après six ans d’efforts, Brière a réussi à décrocher les droits pour reprendre La cage aux folles au Québec. «On l’a d’abord présenté tout un été au Théâtre du Vieux-Terrebonne avec une occupation moyenne de 98,3 %. Par la suite, on a promené le spectacle en tournée, une tournée qui se terminera à Québec (du 4 au 6 avril, à la salle Albert-Rousseau). Au total, 70 000 personnes auront apprécié le show; mais on sait déjà que la tournée sera déficitaire.»

Ça fait peur

«Produire du théâtre de qualité coûte très cher. La cage aux folles réunit 12 comédiens qui évoluent dans un décor considérable. Ça fait peur aux producteurs des régions, qui préféreront embaucher un humoriste, qui peut aussi attirer beaucoup de monde en évoluant seul en scène. Voilà qui explique que nous devons contourner certaines régions; on nous dit qu’on n’a pas les moyens de nous accueillir.»

«Le théâtre est vraiment en danger, c’est l’horreur», répète Benoît Brière, en faisant remarquer l’inquiétante diminution du nombre des théâtres d’été et la baisse d’achalandage des théâtres institutionnels. Sans fournir de solutions précises, il réclame une table ronde pour que la situation soit évaluée.

Rajeunir la clientèle

«C’est toute notre notion de la culture qui doit être réévaluée. En France, un jeune de dix ans sait au moins qui étaient Molière et Racine. Chez nous, les jeunes du primaire ne savent même pas ce que sont les Fables de La Fontaine... Les professeurs devraient d’abord développer eux-mêmes le goût du théâtre, puis le transmettre ensuite à leurs élèves.»

Benoît Brière s’inquiète en observant le vieillissement de la clientèle du théâtre. «Il faut trouver des moyens pour attirer les jeunes en leur faisant vivre une première expérience de théâtre; il faut leur donner le goût dès le bas âge.»

Pas de compromis

En dépit de cette situation «critique» du théâtre, le comédien et producteur refuse de lésiner sur ses nouvelles productions. «Tant qu’à faire du théâtre, faisons du théâtre de qualité», insiste le comédien devenu producteur «par un accident de parcours», et qui se refuse à toute forme simpliste de production.

Même si son théâtre n’est pas subventionné, Brière et ses partenaires proposeront, cet été, un autre spectacle d’envergure, La puce à l’oreille, un Feydeau.

Les trois comédiens/dirigeants seront de la distribution qui comptera une douzaine de comédiens qui évolueront dans un décor imposant relevé d’un plateau tournant. Toute la troupe repartira en tournée à l’automne 2013! «Avec tout son décor, ses costumes et son plateau tournant!», assure Benoît Brière.

«Je ne suis sans doute pas un bon producteur, dans le sens financier du terme. Mais au moins, on se fait plaisir», termine Benoît Brière en parlant de tout le bonheur que lui procure présentement son personnage dans La cage aux folles et du bonheur qu’il trouve à faire plaisir à son public!

 

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