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Affaire Magnotta

Un processus « très lent »

Le père de Jun Lin se dit cependant satisfait du déroulement des audiences, lesquelles doivent reprendre lundi

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Assis au fond de la salle à observer notre justice, le père de Jun Lin se dit satisfait du déroulement des audiences à un point près : il est «très lent», déplore-t-il.

Assis au fond de la salle à observer notre justice, le père de Jun Lin se dit satisfait du déroulement des audiences à un point près : il est «très lent», déplore-t-il.

Pendant deux semaines, la juge Lori René Weitzman a écouté la preuve de la Couronne contre Luka Rocco Magnotta.

Et ce n’est pas terminé puisqu’après une pause de deux semaines, les procédures ­reprendront lundi, avec l’audition de ­témoins de Vancouver et d’Europe. Une fois cette étape finie, l’accusé de 30 ans saura s’il est envoyé ou non à procès.

«Je suis satisfait du processus, mais je trouve que c’est très lent», a expliqué ­Diran Lin, le père du défunt, hier.

Même s’il ne parle ni anglais ni français, une interprète l’aide après coup à ­comprendre ce qui se passe dans la salle d’audience.

Trois semaines après avoir donné une entrevue exclusive au Journal, il s’est adressé aux médias hier avec la mère de la victime, dans une série de rencontres avec différents médias organisées par son avocat.

Une mère encore dévastée

Zhigui Du, la mère de Jun Lin, ne s’est toujours pas remise de la mort de son fils. Elle se recueillera sur sa tombe à Montréal, lors de la fête des Morts chinoise après-demain.

«Pour moi, c’est comme si (le décès) était survenu la ­semaine passée», a-t-elle dit en se tenant le visage entre les mains, lasse.

Si Mme Du a voulu parler aux médias, c’est pour que la mémoire de Jun Lin continue à vivre dans la population. Car l’on parle beaucoup de Magnotta, mais pas assez de son fils, selon elle.

La mère de la victime alléguée de Magnotta n’a que de bons souvenirs de son fils, bien que ce dernier ait quitté tôt le nid familial pour ses études.

« C’était un plaisantin »

«Tout le monde l’aimait, il éclatait de rire tout le temps, c’était un plaisantin», se ­rappelle Mme Du.

Elle a également encensé l’ardeur au ­travail et aux études de son fils, qu’elle avait surnommé «pistache». Après l’arrivée de Jun Lin à Montréal en 2010, elle communiquait presque tous les jours avec lui via internet.

«Il voulait s’installer ici, il avait même étudié le français à Pékin», a ajouté ­Diran Lin au sujet de son fils de 33 ans.

Mais le rêve de la famille a pris fin le 25 mai dernier et la nouvelle de l’assassinat a devasté cette mère.

Magnotta, quant à lui, a été accusé de meurtre prémédité, d’outrages à un cadavre, de production et distribution de matériel obscène, d’avoir illégalement utilisé la poste et de harcèlement envers Stephen Harper et des membres du Parlement. C’est dans le cadre de l’enquête préliminaire du tueur allégué que la mère, le père et la sœur de la victime ont fait le voyage de Chine à Montréal, pour une deuxième fois en un an, avec l’aide de fonds recueillis par l’Université Concordia où étudiait Jun Lin.

Ils ne savent pas encore s’ils reviendront pour l’éventuel procès, mais une chose est sûre : Diran Lin sera de retour dans la salle d’audience lundi prochain.

Zhigui Du, quant à elle, s’abstiendra d’être dans la même salle que l’homme ­accusé d’avoir pris la vie de son fils.­­

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