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Affaire Magnotta

Luka Rocco Magnotta interviewé sur la prostitution en 2007

Deux chercheurs veulent que leurs notes prises en 2007 sur Magnotta restent sous scellé

Magnotta blême pendant la diffusion de la preuve
Photo Courtoisie Luka R. Magnotta

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Dans l’affaire Magnotta, la Couronne ne veut rien laisser au hasard. Elle cherche maintenant à obtenir des notes d’entrevue, datant de 2007, de deux chercheurs avec l’accusé.

L’indice d’un assistant de recherche à Ottawa pourrait s’avérer utile lors du procès pour meurtre de Luka Rocco Magnotta.

En mai 2012, Adam McLeod a ainsi refilé un tuyau aux policiers : en 2007, Magnotta a participé à une étude sur la prostitution par des escortes, sous le pseudonyme «Jimmy». Il n’en fallait pas plus pour que les autorités perquisitionnent dans les locaux des ­chercheurs de l’Université d’Ottawa, afin de mettre la main sur les notes d’entrevue.

«Il est certainement permis au ministère public d’anticiper une défense de troubles mentaux», a d’ailleurs indiqué Me Alexandre Boucher, de la ­Couronne.

Opposition

D’autant plus que la défense réclame plus d’argent de l’État afin d’évaluer l’état mental de Magnotta.

Mais les deux chercheurs, les Drs Christine Bruckert et ­Colette Parent, clament que l’entrevue d’il y a 6 ans a été réalisée sous le sceau de la confidentialité. Hier, au ­Palais de justice de ­Montréal, elle se sont ­opposées à la divulgation de ces documents.

«Si la confidentialité n’est pas respectée, les gens ne parleront plus aux ­professeurs», a fait valoir leur avocat, Me Peter ­Jacobsen, auprès de la juge Sophie Bourque de la Cour supérieure.

Toute la journée d’hier, les deux professeurs ont fait valoir leur argument pour garder secrètes les deux heures d’entrevue avec Magnotta, maintenant âgé de 30 ans.

Car s’il n’a jamais signé d’entente de confidentialité, c’était justement pour préserver son anonymat. À la place, une personne lui a lu l’entente et l’a signée pour lui, a assuré Me Jacobsen.

«C’était absolument nécessaire pour faire une ­recherche sur un groupe stigmatisé par la ­population», a poursuivi l’avocat, qui compare cette situation à celle des journalistes qui jouissent de sources confidentielles.

Cumul d’information

Puisque les notes d’entrevue sont présentement sous scellé, la Couronne ignore leur contenu. Par le fait même, elle ignore si le contenu pourrait lui être utile dans l’affaire du meurtre de Jun Lin en mai dernier.

«Peut-être qu’il n’y a rien, et, dans ce cas, laissons aller, a fait savoir Me Boucher hier. Mais, s’il y a quelque chose... Ce que nous savons, c’est qu’Adam McLeod a senti le besoin d’informer la police.»

La Couronne veut ainsi parer à toute éventualité au cours du procès, puisque la défense n’a pas à ­divulguer son jeu avant que l’accusé soit face à un jury.

«Ces renseignements, considérés cumulativement à la lumière d’expertises psychiatriques, permettront peut-être de comprendre comment l’accusé a pu commettre les gestes singuliers qui lui sont ­reprochés», indique la Couronne.

Car les accusations contre Magnotta sont graves. En plus du meurtre prémédité de l’étudiant chinois Jun Lin le 25 mai dernier, il fait face à des chefs ­d’outrage à son cadavre, de production et de distribution de matériel obscène, d’utilisation illégale de la poste et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper et des membres du Parlement.

À tout le moins, Me Boucher exhorte la juge Bourque à prendre connaissance des notes ­d’entrevue afin d’évaluer leur pertinence.

Les auditions se poursuivront ce matin au Palais de justice de Montréal, tandis que l’enquête préliminaire reprendra lundi prochain.

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