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Aide sociale | Changements projetés

Des droits seraient bafoués

La Commission des droits de la personne prévient Québec

maltais
Photo les archives, Stevens Leblanc

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Autre gifle pour Québec dans le dossier de l’aide sociale. La Commission des droits de la personne prévient le gouvernement Marois que les changements projetés à l’aide sociale risquent de contrevenir à la Charte.

«Les principales modifications (...) sont susceptibles de contrevenir à plusieurs dispositions de la Charte des droits et libertés», plaide la Commission, dans un avis rendu public mercredi. Le président de l’organisme, Gaétan Cousineau, demande à Québec de reculer.

Cette nouvelle critique acerbe s’ajoute à celle de la Protectrice du citoyen qui a lancé un avertissement semblable au gouvernement Marois il y a quelques jours à peine.

Les modifications à l’aide sociale ont été publiées discrètement dans la Gazette officielle le 27 février, ce qui a soulevé l’ire des groupes de défense des assistés sociaux et des partis d’opposition.

Contraintes temporaires

Le gouvernement péquiste propose de couper l’allocation pour contraintes temporaires de 129 $ par mois pour les ménages composés de deux parents et d’un enfant de moins de cinq ans et pour les prestataires de 55 à 58 ans.

Gaétan Cousineau soutient que cette portion de la population est davantage exposée à la discrimination pour l’obtention d’un emploi. «Soyez prudent avant de passer de 55 à 58 ans. La charte prévoit le droit à l’égalité, le droit à la vie et le droit d’être non discriminée qui est mis en danger par cette nouvelle compression», insiste-t-il, en entrevue avec le Journal.

Louable mais...

Les assistés sociaux aux prises avec des problèmes de toxicomanie verront aussi leurs prestations réduites, si le projet de règlement de la ministre Agnès Maltais est adopté dans sa mouture actuelle.

En contrepartie de ces modifications, ceux qui accepteront de participer à un programme de réinsertion recevront un montant de 195 $ supplémentaire. Avec ces modifications, Québec espère sauver 19 millions de dollars.

Selon le président de la Commission des droits de la personne, c’est tout à fait louable de proposer des programmes d’aide à l’emploi, mais ça ne compense pas les coupures que subiront plusieurs prestataires de l’aide sociale.

«Si on vous donne accès à un programme, mais vous ne pouvez pas payer votre loyer, vous n’êtes pas bien organisé. Si vous n’avez pas de quoi vous nourrir, comment allez-vous vous rendre? Si vous n’avez rien pour laver vos vêtements, comment allez-vous aller à une entrevue avec un vêtement qui n’est pas lavé?»

Gaétan Cousineau demande à Québec de faire marche arrière.

 

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